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Mes histoires d’amour ne se ressemblent pas

Posté par Juju à oct 18, 2006 dans Elle est pas belle la laïfe?, Tritouillage de cervelle

Encore une de ces soirées qui tombent comme un cadeau et se gardent comme un trésor. Chondre a tout de la parfaite femme au foyer, avec un peu moins de poitrine et un service trois pièces en plus (il ne m’a pas laissé vérifier, mais connaissant son Snooze de mari, je pense qu’il y a tout ce qu’il faut là où il faut), Charlène était un entertaineuse parfaite et nous a gratifiée de ses fabuleuses chaussures dorées qui seront bientôt exposées sur ce blog, Matoo a fait vibrer le cristal de quelques verres avec son rire de supersonique.

Un peu différent des dernières fois le Matoo… Nous nous sommes retrouvés une bonne heure avant la soirée, histoire de boire un café ensemble. Un changement, presque imperceptible, quelque chose que j’ai ressenti, sans vraiment arriver à mettre le doigt dessus. Puis finalement, au cours de la soirée, il évoque, presque à demi-mot voir quelqu’un, qu’il espère bien revoir. Un début de relation en somme. Economie de mots, silence, pudeur dont j’ignorais jusqu’à l’existence.

Léger flottement de mon côté, j’essaye d’identifier le sentiment qui me traverse. Pointe d’acide assurément, ce serait me mentir que de la nier. Flashback début février, c’était moi « l’objet » du désir. Maintenant, c’est un autre. Objet, je le suis resté assurément. Nous échangeons toujours beaucoup, que ce soit par mail, téléphone ou sms. Avant-hier, un de ses échanges s’était conclu par un « you’re still my fav’ slut indeed« . Slut… Intéressant choix de mots, dans un dialogue certes badin, mais qui eut pu se conclure par fucker, pig, hotboy, ou tout autre substantif de même nature. Sans rentrer dans une analyse qui ferait de cette note un pavé illisible, je ne peux que croire que ce mot porte plus que tout autre un sens de réduction à un objet, bien plus que la pute (j’en parlerai dans ma critique du dernier Despentes).

Dans le métro, je repense à mes histoires. Aucune ne ressemble à une autre. C’est un enchevêtrement d’actes manqués, de brefs bonheurs, d’intensité ou d’ennui. Je repense à Pierre, à cet être dont la beauté me subjuguait au point que je me demande encore aujourd’hui si cette relation a existé ailleurs que dans mon imaginaire. Quelques photos sont là pour témoigner du contraire. Je repense à Alex, inévitablement. Six ans avec la même personne, alors que j’ai peiné depuis à rester avec un mec plus de trois mois. Six ans pour quoi, dans quel but, avec quel objectif ?

Je pense à Roméo, qui est certainement le plus gentil de tous les hommes que j’ai connus (qui a dit « et y’en a eu un paquet » ??? hmmm ?!) et qui assure sa part de soleil dans mon ciel strasbourgeois. Puis je repense à Matoo, à son « petit nouveau » et l’espace d’un instant, je lui souhaite d’échouer. C’est mesquin, mais ce le serait encore plus de ne pas le reconnaître et de cacher ce sentiment derrière des voeux de bonheur, non que je ressente autre chose pour lui qu’une profonde affection, mais parce que la réussite de cette relation induirait ma part de responsabilité dans notre rupture.

Et finalement, je me dis que ce n’est que vanité, que j’ai bougé, évolué, changé, que ce qui avait de la valeur à mes yeux hier, je suis aujourd’hui capable de l’abandonner derrière moi sans même me retourner, que cette pointe d’acidité n’est autre que l’expression d’un ego post-adolescent qui ne me correspond plus, que ce qui me faisait bander hier me laisse mou aujourd’hui, que la salope que je suis dans le regard des autres n’est que la chrysalide de ce que je suis et serai, que si quelqu’un est dans ma vie, c’est bien parce que je le veux, et pas parce que j’en ai besoin.

 
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Dialogue d’ex

Posté par Juju à août 19, 2006 dans Tritouillage de cervelle

(Wam) – Donc c’est quoi ta théorie ?
(Juju) – Ben c’est que en tant que pédégouines, nous nous affranchissons d’un modèle social convenu en vivant et assumant notre homosexualité, pour finalement retomber dans des modèles de relations terriblement hétéronormés, qu’il s’agisse d’une relation de couple « classique » ou des plans cul.
(Wam) – Tu penses à quoi d’autre ?
(juju) – Je trouverais intéressant d’explorer cette zone franche qui existe entre les deux, quelque chose de vraiment nouveau, puisque nous transgressons de toute façon un interdit, pourquoi s’arrêter en si bon chemin et se rabattre sur des modèles classiques.
(Wam) – Tu sais, peut-être que pour beaucoup d’entre nous, c’est déjà très difficile de briser un tabou et c’est peut-être trop dur d’en briser d’autres.
(Juju) – Je comprends mieux, donc en gros, tu me dis que si je veux me faire faire caca dessus, mieux vaut que ce soit par mon copain que par un inconnu, hein ?!
(Wam) – Ouuuh, la vilaine rhétorique !

 
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La mort de Charmaine S. – Culpabilité

Posté par Juju à juin 27, 2006 dans Souvenirs, Tritouillage de cervelle

Juillet 2001

Je travaille dans un centre de langues situé en Allemagne avec Wrenly Rose pour la deuxième année consécutive. Elle est sur le départ. Les relations avec la patronne se sont dégradées et Wrenly Rose, qui était chef d’équipe, a été rétrogradée au profit d’une femme du nom de Charmaine.

Je ne m’entends pas vraiment avec Charmaine, je la trouve bête. Elle n’est qu’un pion placé là par la patronne qui ne cherche qu’une boniche disant « oui » et « amen » à tout. Charmaine est un peu maladroite, un peu malhabile. Je ne cherche pas vraiment à la connaître plus que ça. Wrenly et moi l’avons surnommé « la Pintade ». C’est méchant, mais ça lui va plutôt bien.

Avril 2006

Charmaine S. est en retard. Elle file avec la voiture d’entreprise du centre de langues. Un moment d’inattention, et elle se retrouve coincée entre deux camions. Elle pile. Le camion de derrière la percute et l’écrase contre le camion de devant. La voiture prend feu. Charmaine S. meurt.

Je ne sais pas comment accueillir la nouvelle. Je suis partagé, et en partie honteux, je dois bien l’admettre. J’ai cette idée totalement ridicule, un peu comme la théorie du battement d’aile du papillon, que si j’avais fait l’effort de la connaître, et qui sait, de l’apprécier, elle serait encore en vie à l’heure actuelle. Un détail, un coup de fil, une soirée, un mail, un petit rien aurait fait qu’elle serait partie deux minutes avant ou après, ou pas du tout.

Je vis mal avec un sentiment qui est la marque d’un passé où je jugeais sans connaître, où je rejetais, probablement parce que j’étais moi-même l’objet de rejets que je ne savais pas gérer. Charmaine S. me renvoyait certainement l’image paumée de ce que j’étais alors, et je lui en voulais pour cela.

C’est très con de vouloir resusciter des morts. C’est dommage de les avoir ignorés de leur vivant. Elle ne me manquera jamais. Et ça me rend plutôt triste…

 
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Le syndrome Rolls Royce

Posté par Juju à juin 23, 2006 dans Tritouillage de cervelle

Cette note est dédiée à toutes les filles à grosse poitrine et à tous les mecs à grosse bite (avec une accroche pareille, vous allez lire hein ?!)

Vous l’aurez peut-être compris, ce sont mes périgrinations webiennes qui ont conduit ma route à croiser celle de Monsieur RTT. N’allez pas chercher de la romance cucul la praline là où il n’y en a pas. Je cherchais une aventure sans lendemain (plan cul comme on dit dans le jargon), recherche effectuée de surcroit sur un site dédié à une partie bien précise de l’anatomie masculine, à consommer turgescente de préférence (turge-quoi ? qui bande bordel !).

Il s’avère qu’en chemin, j’ai remarqué que Monsieur RTT était « autre chose qu’une bite », pour reprendre ses propres termes, puisque derrière chaque membre exposé crument sur le web se cache un être, parfois heureux, parfois en souffrance, parfois en recherche de soi. Car même lorsqu’on se retrouve face à la Rolls Royce de la bite (Merci à Mathieu B., blogostar pour cette expression idoine), il ne faut jamais la voir comme une fin en soi, mais comme une partie de son charmant porteur (notez que souvent, la notion de charme est directement liée à la taille du pénis, mais bon, je dis ça comme ça…)

Je ne peux m’empêcher de penser au parallèle avec la blonde à grosse poitrine. Inévitablement, ce sont ses atouts qui capteront l’attention des hommes, et si elle pourra se sentir flattée, elle aura certainement envie d’être aimée pour autre chose que sa belle paire de seins (qui nage dans un décolleté abyssal, mais là encore, je digresse).

Même combat finalement chez le pédé TTBM réel comme disent les annonces (je rappelle que le taux d’inflation moyen au niveau des dimensions est de 15%), partagé entre plaisir d’être flatté pour la beauté de son anatomie, et désir d’être apprécié/aimé pour ses qualités humaines, son humour et ses talents culinaires. Au point de déprimer à voir les voraces qui se jettent sur l’objet comme la misère sur le pauvre monde… (si vous pouviez éviter de mettre les dents, ce serait parfait !)

Poitrinaires et super gaulés qui lisez ces lignes ! Ne déprimez plus, levez-vous et dites au monde « oui, j’ai de gros seins » ou « oui, j’ai une grosse queue ». Si la nature vous a gâté(e), ce n’est pas pour vous faire culpabiliser. Ce n’est pas non plus pour que vous abusiez de vos atouts. Mais rappelez-vous que la vie est comme une partie de pêche et qu’un bon hameçon vous aidera à ferrer un gros poisson. C’est à vous d’expliquer ensuite à cette poiscaille frétillante et goulue que vous n’êtes pas qu’une canne à pêche, mais un pêcheur, ce que nous sommes tous, Dieu, aie pitié de nous (et pardon pour le jeu de mot à deux balles).

En parlant de poisson, demain, je vous raconterai mon opération de sauvetage d’un cétacé échoué (qui n’est, comme chacun sait, pas un poisson, mais un mammifère marin).

 
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Trop d’attente tue le plaisir

Posté par Juju à avr 26, 2006 dans Elle est pas belle la laïfe?, Tritouillage de cervelle

Nouvel environnement de travail rime naturellement avec nouvelles rencontres. Depuis quelques semaines, je me suis lié d’amitié avec Tina, une jeune femme d’origine autrichienne. Elle m’a proposé de déjeuner avec elle et je lui ai confié mes déboires amoureux. Je crains ce genre de conversations comme le dentiste. C’est à double tranchant ; entre les vérités fatalistes des uns (« c’est comme ça, tu dois accepter, tu ne peux pas forcer quelqu’un à t’aimer ») auxquelles on oppose des « oui mais… » tout en retenant ses larmes et les discours lapidaires des autres (« s’il te laisse pas tranquille, je lui fais la peau ») qui donnent l’impression qu’on est atteint du syndrôme de Stockholm, les break-up talks ne sont pas de tout repos. Sans compter que je les collectionne depuis un an et demi.

On aurait pu me prévenir qu’on allait m’envoyer un ange venu du ciel chargé de me donner la vérité entre deux bouchées d’escalope de veau. Des mots limpides, un baume pour l’âme épuisée par un implacable triturage de cervelle, des nuits blanches et des litres d’acide gastrique.

- Avant, j’étais comme toi. Je souffrais terriblement. J’ai découvert que tout ceci était lié à l’attente que j’avais en entrant dans une relation. Inévitablement, cette attente n’était pas satisfaite et je rompais ou me faisais larguer. J’attendais de mes relations qu’elles me stabilisent. Aujourd’hui, je les prends comme un bonus, comme un cadeau. Ces attentes m’empêchaient d’avancer. Aujourd’hui, je suis heureuse.

Et si tout le problème était là ? Et si mes souffrances venaient de l’espoir fou que je place dans mes histoires, celui de me réaliser grâce à l’autre, de fusionner totalement. Je me nourris d’illusions et cours après quelquechose que l’autre ne pourrait me donner que dans le renoncement le plus total à ses propres aspirations. Une fois encore, j’ai voulu mener ma relation vers un paroxysme fusionnel, tout en ignorant que j’allais perdre l’autre en route, car il n’est pas moi et a ses propres attentes, qui obstruent sa pensée comme elles obstruent la mienne.

Ca paraît si simple… en théorie. En pratique, je me demande ce qui remplace des baisers au creux du cou, des mots échangés à l’horizontale, des nuits rendues paisibles par la présence de l’autre, l’enchevêtrement de deux corps qui luttent jusqu’à l’orgasme. Une fois encore, je me torture, j’analyse trop, j’analyse mal, je rêve des alternatives, des happy-ends, des fins tragiques, tout cela pour fuir une réalité trop amère, encore des attentes, même après la rupture, l’espoir que l’autre pense comme soi, quelle imbécilité, mais l’espoir est idiot, car il exprime ce besoin primordial, animal, humain…

Je n’ai pas envie d’être seul… J’ai envie d’aimer, d’être aimé…

(Désolé, il est 1h25 du matin, mes idées sont confuses, la margarita n’aidant guère.)

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