Lundi : 8h45 – 19h45
Mardi : 8h50 – 20h15
Mercredi: 8h40 – 19h45
Et là, je suis encore au taff, au moment même où j’écris ces lignes.
Personne pour passer sous le bureau et me permette de joindre l’agréable à l’utile ?
Après un séjour épuisant à Cologne puis à Courtrai en Belgique… je suis épuisé, mais j’ai vécu des expériences fas-ci-nantes. Tout d’abord, mon séjour à Cologne m’a permis de reprendre contact avec la sœur Cadette de la pétillante Tricia et de diner avec elle dans un fabuleux restaurant en compagnie d’Aloïs, mon remplaçant sur mon ancien poste.
D’ailleurs, parlons-en, lorsque nous avons organisé notre déplacement, je l’avais chargé de nous trouver un hôtel. Ben mes chéris, j’ai pas été déçu du voyage, un trois étoiles totalement miteux, à 6 bornes du centre de Cologne, des chambres comme des prisons, le tout nous ayant bien entendu coûté une fortune en taxi…
Histoire de ne pas connaitre le même enfer lors de la seconde nuit à Courtrai en Belgique, j’ai chargé Tri-Tinh de s’occuper de la réservation de l’hôtel.
Arrivés le soir à la gare de Courtrai, nous constatons que les voyageurs locaux semblent pris d’une étrange panique. A peine sortis du train, ils se ruent comme des marathoniens vers les quelques taxis stationnés à côté de la gare. Nous leur emboitons le pas tranquillement et poireautons. Au bout de 25 minutes, toujours rien. 10 minutes plus tard, un taxi débarque enfin, mais le chauffeur refuse de nous laisser monter, car il attend quelqu’un qui a réservé.
- Euh, excusez-moi, mais pensez-vous qu’un autre taxi va arriver bientôt ?
- Oh oui, sinon appelez ce numéro (il me donne une carte de visite).
- Simple curiosité. Il y a combien d’habitants dans cette ville ?
- Un peu plus de 50 000.
- Et combien de taxis.
- 16.
- Vous voulez dire 60 ?
- Non, non, 16, 1.6. (il me montre les chiffres des doigts).
Après une attente interminable dans un froid glacial, nous finissons enfin par monter dans un tacos qui nous emmène à l’adresse que Tri-Tinh m’a laissée ; un lointain cousin tient l’établissement cossu où nous allons passer la nuit.
Oh joie, oh-rgasme en découvrant les lieux. Je vous laisse savourer.
(la ravissante enseigne de « l’hôtel »…)
(la non moins ravissante chambre qui m’est attribuée, rez-de-terrain vague et baie vitrée géante, hum, rassurant…)
(Luxe, calme et volupté, enfin, presque…)
(une vue imprenable de bon matin)
Ajoutons à ceci une cuisine gastronomique impeccable, un service irréprochable, une ambiance agréablement tamisée, grâce au courant électrique qui saute toutes les deux heures et plonge l’hôtel et son restaurant dans le noir le plus total sur le coup de 23 heures… et bien entendu vers minuit et quart alors que je suis confortablement plongé dans un bain bien chaud.
On dit que les voyages forment la jeunesse. Perso, je pense qu’ils la déforment.
En cette fin d’année 2007, nous entendons beaucoup parler des nouvelles mesures sur le temps de travail du Gouvernement Sarkozy.
Afin d’éviter toute confusion avec les messages diffusés dans les médias, nous tenons à vous rappeler que, pour le moment, notre société n’envisage pas de rémunérer les jours de RTT non pris avant le 31 décembre comme le stipule notre accord d’août 2005. Les jours non pris restent donc perdus.
En vous remerciant d’avance pour votre compréhension.
Juste une piqûre de rappel pour les glandus qui croient encore qu’ils vont gagner plus grâce au genre de mesurettes imaginées le matin à 7h00 sur le trône… Perso, je pense qu’on va nous sucrer les RTT lors de la prochaine négo sans révision de salaire.
Chaque saison, alors que les nouvelles fringues s’exhibent sur les podiums et que les fruits et légumes de saison envahissent les marchés, les coins cafés des entreprises font l’objet d’expositions de nouveaux-nés, et celle où je travaille ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Pour une raison inexplicable, elle a même été frappée par des taux de natalité records.
Le rituel est fascinant. La nouvelle maman débarque et expose aux regards, commentaires et gazouillis abrutis de ses collègues un nourrisson plus ou moins endormi. On n’est vraiment pas loin de la scène du berceau avec les bonnes fées qui se penchent au-dessus pour donner leur bénédiction à l’enfant, cet élément de conte de fée là n’étant d’ailleurs qu’une variante païenne de la visite des rois mages à celui qui allait devenir un des gourous les plus influents pour les 2000 ans qui allaient suivre. Au grand dam de certains, je me pose bien volontiers en méchante fée prête à maudir le chiard !
Que les choses soient claires. Je n’ai absolument rien contre le fait qu’on hypothèque sa vie pour les 18 années à venir au minimum, je remercie moi-même le ciel qu’un charmant couple d’hétéros ait fait ce pari à la fin de l’été 1978, merci maman, merci papa, mais est-t-on vraiment obligé de venir exposer ses choix de vie sur son lieu de travail ? Surtout quand ceux-ci ont faim ou sont fatigués et se mettent à brailler, attirant l’hilarité et le sourire des bienveillant(e)s collègues conquis par les quatre ou cinq kilos de viande neuve qui glapit dans leur direction pendant que d’autres tentent de travailler… ah, les petits bonheur de l’open space, avant (du temps de mon inoubliable expérience professionnelle en terre germanique) au moins, j’avais une porte que je pouvais claquer à volonté ; bon, accessoirement, mon bureau était au fond, juste après la photocopieuse, les chiottes et l’escalier donnant sur la cour plein Nord, j’ai rarement eu le plaisir d’être dérangé par autre chose que les engueulades de mon chef…
Car c’est bien de cela qu’il s’agit… de choix de vie. S’il paraît totalement aberrant de ramener sa dernière plante verte, sa mygale ou sa tondeuse, il est parfaitement admis de ramener son marmot. Hétéronorme patriarcale vous avez dit ? Ouais, un peu. J’aurais bien aimé voir la tronche de mes collègues se penchant sur mon mec du jour à l’époque où je m’en tapais un différent chaque soir, me demandant :
- Et comment il s’appelle ???
- Euh… c’est quoi déjà ton prénom ?
si j’avais eu la bonne idée de venir les exhiber dans le coin café. Et pourtant en soi, rien de bien différent, si ce n’est la durée de l’engagement.
Pire, on est carrément regardé de traviole si on n’a le malheur de ne pas venir bénir le marmot lors de la sacro-sainte visite post accouchement de la mère et on est limite considéré comme asocial si on n’a pas participé à la cagnotte pour la naissance des jumeaux de machine (machine qui me disait bonjour une fois sur trois du temps où elle cochait la case « sans enfant » sur ses déclarations d’impôts et était assise à moins de cinq mètres à vol d’oiseau de moi), attitudes que j’adopte cérémonieusement.
Je ne me sors pas « A woman’s right to shoes » de la tête, certainement un des meilleurs épisodes de Sex and the city et qui aborde cette thématique de façon brillante. Si vous ne l’avez pas vu, foncez-dessus, il est excellent. Et en attendant, vous pouvez toujours vous passer en boucle la chanson d’Alain Leprest, je mettrais bien les haut-parleurs lors de la prochaine exhibition de couches-culottes, mais je doute que l’humour soit de mise.