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Lady Gaga – Monster Ball Tour – de Paris à Strasbourg

Posté par Juju à mai 27, 2010 dans Actu, Faut bien s'occuper, Musique

Elle est partout, impossible de ne pas en entendre parler. Lady Gaga a quitté l’hexagone après avoir donné trois shows, deux à Bercy et un au Zénith de Strasbourg, respectivement les 21, 22 et 25 mai. J’ai eu le plaisir d’assister à deux d’entre eux et suis carrément prêt à rempiler pour ses nouvelles dates en octobre.

Cela fait maintenant plusieurs mois que je suis le parcours de cette nouvelle créature de la pop et ces concerts ont achevé de me convaincre de l’attachement que je lui porte. Elle m’a réconcilié avec la pop.

Après une première partie totalement gueularde et outrancière, la belle se fait encore désirer avant d’entrer sur scène en ombres chinoises, cachée derrière un rideau après un compte à rebours en vidéo qui met le public en transe. Rapidement, on voit une histoire s’installer, montée comme un opéra avec des éléments de décors spectaculaires. Le « Monster Ball » (le bal des montres) est un endroit merveilleux, affranchi des discriminations et des jugements, où Gaga et ses amis souhaitent se rendre pour y passer une soirée merveilleuse.

L’idée peut paraître naïve, mais elle s’inscrit dans la droite ligne des messages d’ « empowerment » qui ont vu le jour depuis maintenant plus de quarante ans aux Etats-Unis ; droits des femmes, droits des minorités ethniques, droits des gays, des lesbiennes, des transgenres. Le message, adressé en français au public, se veut libérateur.

Le spectacle démarre sur les chapeaux de roues avec plusieurs des tubes de Gaga dont le génialissime « Just Dance », ou « Lovegame » et continue d’un rythme endiablé, mettant le public en transe sur un « Telephone » génialissime.

Le public apprécie également une belle partie lente ou la Lady s’assoit au piano et entonne plusieurs morceaux, reprenant « Stand by me » et chantant, entre autres, son exceptionnel « speechless », montrant au passage des qualités vocales indéniables dont peu de ses rivales peuvent se prévaloir. D’ailleurs, on peut également apprécier qu’elle ne fasse pas de playback, chante juste et s’harmonise parfaitement avec ses deux choristes qui font un boulot remarquable. Les musiciens sont également formidables, en particulier une violoniste au look totalement punk à qui Lady Gaga roulera même une pelle vers la fin de son concert parisien.

Niveau visuel, on en prend évidemment plein la vue. Les décors son sublimes, les costumes à l’image de l’univers visuel et esthétique de la star, totalement cinglés. Les chansons sont entrecoupées de séquences vidéos où on peut apprécier le travail de plusieurs designers du collectif « Haus of Gaga », clin d’oeil à la Warhol Factory, sous la forme de petits clips qui passent en boucle, des mini-happenings filmés.

Le concert continue dans une spirale de plus en plus délirant, avec des très beaux passages scéniques, en particulier une séquence dans un central park gothique, avec une fontaine se sang, des arbres monstrueux et un « Alejandro » superbe. On reste bouche bée lors des derniers morceaux, en particulier « Paparazzi » où le « fame monster » est symbolisé par une énorme créature, mi pieuvre mi baudroie, qui finit par avaler la star qui en ressort avec son spectaculaire soutif qui fait des étincelles. Elle achève enfin le concert sur un « Bad Romance » hallucinant repris en chœur par un public conquis.

Indéniablement, la communion avec le public est totale. La Lady s’adresse d’ailleurs au public dans un français délicieux, lui adressant des « je vous adore » ou « ce soir, c’est le soir de votre libération ». Clairement, on remarque qu’il se passe un truc, qu’on est fasse à beaucoup plus qu’une chanteuse comme la pop en a produit des centaines au cours des 20 dernières années. Le talent de cette jeune femme est palpable, il touche, bouscule, dérange, émeut, rebute, mais ne laisse pas indifférent. Et c’est une salle toute entière qui montre ses griffes de « petits monsters », reprenant unanimement le geste de Gaga.

Une nouvelle Madonna ?
C’est ce que les médias se plaisent à reprendre même si je continue de penser que c’est très con d’utiliser une personne pour en définir une autre. Souhaitons à Gaga la longévité de son ainée, dont il faut bien reconnaitre que la rigueur glaciale et millimétrée et l’utilisation abusive de playbacks est sacrément ringardisée par le talent artistique de sa jeune consœur. Si les looks sont semblables, c’est surtout le message qui les rassemble. La façon dont Gaga s’adresse à son public en envoyant des messages de libération, de tolérance, d’affirmation de soi est la même que celle que Madonna utilisait il y a 25 ans de cela envers les femmes. Gaga s’adresse à un ensemble plus métissé, celui des gays, des lesbiennes, des bis, des trans, et au-delà. C’est en ce sens que leurs démarches se ressemblent. Sur le plan artistique, et même si on est dans le petit univers de la pop, un monde sépare ces deux chanteuses, tant les qualités vocales et surtout musicales (quelle pianiste !) de Lady Gaga sont indéniables. Enfin, alors que l’une a viré dans le contrôle obsessionnel de son image, l’autre adore surfer sur les rumeurs qui courent à son sujet, allant d’ailleurs jusqu’à mimer lors de son concert parisien un énorme pénis avec un des music awards oblong qu’elle venait de remporter.

Bref, un spectacle superbe d’une artiste exceptionnelle. Si vous avez la chance de pouvoir assister à l’un de ses prochains concerts, n’hésitez pas, foncez, criez, sautez, sortez vos griffes de « petits monsters » et donnez lui autant d’énergie qu’elle en balance pendant deux heures de pur bonheur.

Pour tout connaitre sur le parcours de la nouvelle star mondiale de la pop, les Inrocks ont signé un article du tonnerre.

 
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Melody Gardot – PMC Strasbourg

Posté par Juju à avr 4, 2010 dans Faut bien s'occuper, Musique

Cela faisait un petit moment déjà que Nath et moi avions pris nos places pour THE évènement jazz du printemps à Strasbourg, à savoir le concert de la nouvelle star mondiale du genre, Melody Gardot. Le mot d’ordre de la soirée était « total look » pour aller écouter les belles notes de la ravissante blonde.

Nous n’avons pas été déçus du voyage. Cheveux blonds, sagement coiffés, belle robe noire, lunettes de soleil, le tout perché sur des talons aiguille et sa canne dont elle ne se sépare jamais, l’artiste entre discrètement sur scène, soucieuse avant tout de partager sa musique. Accompagnée par un contrebassiste, un batteur et un saxophoniste, s’accompagnant elle-même au piano et à la guitare, Melody Gardot livre à un public charmé une performance incroyable, tant vocalement que musicalement.

Comme souvent au PMC, le travail des ingénieurs lumière est bluffant et contribue à créer des ambiances incroyables qui collent merveilleusement au style unique de la belle et de ses musiciens. Au bout de près d’une heure trente de concert, la salle, debout comme un seul homme, applaudit à tout rompre ce qui est un de meilleurs concerts que j’ai pu voir (et surtout écouter) depuis belle lurette. En guise de rappel et avec une élégance incroyable, Melody Gardot interprète « Summertime » et achève de conquérir un public ravi.

Si vous ne la connaissez pas encore, foncez la découvrir, elle est actuellement en tournée en France, ne la ratez pas.
Un avant-goût pour ceux/celles qui ne la connaissent pas encore.

 
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Platée – Opéra du Rhin

Posté par Juju à mar 24, 2010 dans Faut bien s'occuper, Musique

Monter une nouvelle mise en scène pour l’opéra baroque -totalement barré- de Rameau était un pari osé, 10 ans après la mise en scène totalement délirante de Laurent Pelly. Pari osé mais réussi par Mariame Clément qui transpose l’action mythologique de Platée dans les années 50, en conservant l’esprit délirant de l’oeuvre.

L’opéra raconte une fable mythologique cruelle, où plusieurs divinités se jouent de la naïveté d’une naïade très laide, ressemblant à une grenouille, Platée, en lui faisant croire que Jupiter est tombé amoureux d’elle et souhaite l’épouser. Si l’oeuvre est musicalement géniale, l’histoire, quoiqu’hilarante, est d’une cruauté abominable, puisqu’on finit par s’attacher au personnage de Platée, malgré la laideur de son apparence.

Dans la fosse, les musiciens, conduits par Christophe Rousset, font des merveilles. Comme dans nombre d’opéras baroques, les scènes sont entrecoupées de scènes de ballet, dans lesquelles le Ballet de l’Opéra du Rhin excelle dans des chorégraphies totalement délirantes.

Côtés chanteurs, malgré certaines réserves de spectateurs ayant assisté à d’autres représentations, l’ensemble ne souffre d’aucune souffrance (ou presque).

Le rôle principal est tenu par Emiliano Gonzalez-Toro, totalement génial, habité par le personnage costumé de manière grotesquement exhubérante, et salué par des applaudissements aussi monstrueux que le rôle qu’il maitrise incroyablement.
La Folie de Salomé Haller est superbe, malgré quelques aigus trémulants, mais elle est scéniquement parfaite, même s’il est difficile d’égaler Mireille Delunsch dans ce rôle.
Cyril Auvity est génial en Mercure, voix parfaite, tout comme Céline Scheen en Clarine, grimée pour le coup à la façon d’une femme fleur croisée avec une mante religieuse, qui rappelle furieusement le look de Mylène Farmer dans le clip de « Comme j’ai mal ». François Lis est un très beau Jupiter, altier et masculin. Le reste du cast, ainsi que les choeurs, tire parfaitement son épingle du jeu.

Bref, une très belle soirée d’opéra, comme je les aime, avec de la magie, du plaisir pour les yeux et les oreilles et du bonheur tant sur scène que dans le public. Même si ma voisine de gauche a roupillé pendant toute l’oeuvre, je me suis ré-ga-lé.

L’excellente critique de Forum Opera

Et pour ceux qui veulent découvrir un petit morceau de cet opéra, l’incroyable air de la Folie, chanté ici par Mireille Delunsch dans la mise en scène de Pelly.

 
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The Fame Monster – Lady Gaga

Posté par Juju à déc 2, 2009 dans Actu, Musique

Le sans-faute de Lady Gaga

Cela fait maintenant près de deux ans que le phénomène Lady Gaga enfle et prend des proportions qui rappellent l’engouement pour une jeune américaine, elle aussi d’origine italienne, il y a près de 25 ans de cela, Madonna…

Après le succès de son album the Fame où elle a enchainé les tubes (Just dance, Lovegame, Pokerface, Paparazzi, Eh Eh), la créature la plus improbable de la pop sort son deuxième album, The Fame Monster, un album de (seulement!) 8 titres avec une réédition de l’album The Fame en CD bonus.

Là où la plupart des artistes sortent 11 ou 12 morceaux, dont génénéralement 4 tubes, 4 pas mal et 4 merdes, Lady Gaga signe 8 titres aussi géniaux les uns que les autres. Le premier single « Bad Romance » déjà sorti en vidéo cartonne sur youtube avec plus de 20 millions de visionnages à peine une semaine après sa mise en ligne. Il faut bien reconnaitre que le clip est ce qui s’est fait de plus déjanté, créatif et hardcore dans le monde endormi de la pop depuis belle lurette.

Le reste de l’album est excellent.
Alejandro rappelle les styles d’Abba ou même de Madonna et reste en tête dès la première écoute. Un poil mélancolique et super entrainant.
Monster est une petite merveille de dance électro.
Speechless est la ballade de l’album, qu’on imagine tout à fait au piano en live.
Dance in the dark et son refrain inoubliable est un autre excellent morceau de dance électro très chouette.
Telephone est une autre bombe de l’album avec Miss Beyoncé en prime, morceau qui pousse à l’extrème le jeu sur les syllabes qu’on retrouve dans presque toutes les chansons de Lady Gaga.
So happy I could die est fort sympathique mais est peut-être le seul morceau un peu en dessous du reste de l’album.
Enfin, Teeth est un morceau totalement déjanté, tant musicalement qu’au niveau du texte (show me your teeth) avec pas mal de percussions.

Bref, perso, j’adore, cette fille a un talent énorme qui explose quand elle est sur scène, c’est de la bonne pop, vraiment sympa, qui réveille et donne la pêche. Un sans-faute.

 
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Die Tote Stadt – ou quand Charlène et Juju vont à l’opéra

Posté par Juju à oct 26, 2009 dans Faut bien s'occuper, Musique

Une fois n’est pas coutume, j’avais rendez-vous samedi dernier avec la délicieuse Charlène Lopez, pour assister à une représentation de Die Tote Stadt (la ville morte), un opéra de Korngold où chantait mon ami Stéphane Degout.

L’histoire est celle d’un homme Paul, hanté par la mémoire de son épouse morte, Marie, et qui fait la connaissance de Marietta, une femme lui ressemblant étrangement. Le reste de l’histoire est un voyage onirique, un enchevêtrement de réminiscences, de rêves et d’hallucinations qui se mélangent et emportent le spectateur de surprise en surprise. La musique datant des années 20 est sublime, merveilleusement dirigée par Pinchas Steinberg auquel le public réserve un triomphe à la fin de la représentation. La mise en scène de Willy Decker a fait le tour du monde et continue de fasciner, par sa richesse, sa beauté et son originalité.

J’ai trouvé les chanteurs excellents. Robert Dean Smith a chanté un Paul touchant, crédible, vocalement infaillible. Ricarda Merbeth lui a donné la réplique avec brio, dans le rôle sublime de Marietta. Second rôle féminin, Doris Lamprecht a chanté le rôle de Brigitta à la perfection. Et que dire de mon cher Stéphane Degout, dans le rôle de Frank/Fritz, qui n’en finit plus de me ravir à chaque fois que je le vois sur scène.

Evidemment, il était impensable que le spectacle donné sur scène ne soit completé d’un spectacle en salle. A l’origine, c’est Elsa qui devait m’accompagner. Mais elle était malade et j’ai dû trouver une remplaçante de dernière minute. Tri-Tinh étant en tournée au Bangladesh, j’ai dû me rabattre sur Charlène.

- Qu’est-ce que je dois mettre ?!
- Euh, comme tu le sens Charlène. Mais on va à l’opéra, donc un truc où on ne voit ni tes seins, ni ta chatte, ni ton trou du cul, tu as ça ?
- Hm… j’ai une robe de mariée ?!
- Euh, t’as rien d’autre ?
- Ah, si, là une robe de cocktail !
- Ouf, ben mets ça !

Je n’ai pas été déçu du voyage !

Bien sûr, les choses auraient pu se limiter aux regards désapprobateurs des quelques vieilles scandalisées par sa tenue (alors que leurs maris retrouvaient des érections de jeunots en la reluquant), mais c’était sans compter sur Charlène qui a décidé de jeter son dévolu sur un des harpistes qu’elle s’est acharchée à vouloir séduire depuis le premier balcon en lui faisant son désormais célébrissime « numéro des seins mouvants »… un miracle que nous ne nous soyons pas fait jeter.

A l’entracte, elle a évidemment tenu à me montrer qu’elle arrivait à pisser debout dans les urinoirs, ce qui a énormément plu à quelques messieurs âgés présents dans les toilettes avant de montrer ses seins au serveur du bar pour tenter d’avoir une coupe de champagne gratos.

A la fin du spectacle, nous sommes partis pendant les applaudissements, pour éviter un nouveau scandale.

- Putain, c’est la dernière fois que je t’emmène à l’opéra. Le harpiste t’a pas vue, mais tous les autres spectateurs si !
- Oooooh, il m’a fait mouiller de la chaaaaaatte !
- Grrrr, tu sais pas te tenir morue ! T’as aimé au moins ?
- Moui, mais bon, c’est trop chargé cette musique, je préfère des trucs plus légers.
- Comme du baroque tu veux dire ?
- Non, comme Lady GaGa.

Une soirée inoubliable…

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