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Inception

Posté par Juju à août 6, 2010 dans Actu, Faut bien s'occuper

LE film du moment connait un joli succès, en particulier grâce au bouche à oreille. « Un mélange de Matrix et de James Bond » m’avait-on dit pour m’en vanter les mérites. Poussé par la curiosité, je suis allé voir de quoi il en retournait.

Et je n’ai pas été déçu. Le film est tout simplement formidable. Sur fond d’une bonne intrigue d’espionnage industriel, le film explore une nouvelle forme de technologie, qui permet aux protagonistes d’entrer dans les rêves des gens, y créant des univers qui leurs paraissent réels. L’objectif est loin d’être louable, puisqu’il s’agit de créer une « inception », c’est à dire la mise en place d’une idée dans l’esprit de quelqu’un, tout en donnant à cette personne la sensation qu’il est le créateur de cette idée. C’est à Dom Cobb, joué par Leonardo Di Caprio qu’incombe cette mission. pour ce faire, il est entouré d’une fine équipe où chacun a un rôle bien précis devant permettre l’extraction des secrets de la victime et la mise en place d’une idée nouvelle.

La brochette d’acteurs est assez somptueuse. Marion Cotillard joue une « ombre » complexe, souffrante et machiavélique, présente dans l’esprit du héros sous la forme de son épouse décédée. Une « french touch » assez sophistiquée qui a du plaire aux Ricains. Elle Page est carrément exceptionnelle dans le rôle de l’architecte. Cette jeune actrice a un potentiel incroyable et une belle palette de couleurs dans son jeu. Leo a pris de l’âge et c’est tant mieux. Plus il vieillit, plus je l’aime. Il est parfait dans ce rôle de héros torturé. Joseph Gordon Levitt est excellent dans son rôle de coéquipier intelloréservé et Tom Hardy est juste bombasse, incroyablement sexy et bon acteur en plus. Le reste du cast est tout aussi bon.

L’histoire est le point névralgique. On accroche ou on déteste. On sent la tension dans la salle comble du ciné (pas que la tension d’ailleurs, le couple devant moi avait pas pris de douche depuis au moirs 3 jours…) ; les uns sont plongés dans l’intrigue complexe, les autres semblent s’ennuyer ferme. Les commentaires à la sortie du film confiment cette impression, allant de « j’ai rien compris » à « j’ai tout compris, enfin, je crois… ». L’histoire est en effet fichtrement complexe dans la mesure où les personnages parcourent différentes « strates » de rêves, créant un deuxième rêve à l’intérieur du premier, puis un troisième à l’intérieur du second et ainsi de suite, pénétrant ainsi de plus en plus profondément dans le subconscient de l’individu. Au final, on ne sait plus trop si les protagonistes sont sortis ou non du rêve, ou si tout le film n’était finalement qu’un rêve, à force de passer d’une couche à l’autre comme dans un milllefeuille. Le réalisateur a volontairement achevé le film sur ce point d’interrogation, ce qui est assez frustrant.

Dans l’ensemble, j’ai adoré. J’ai trouvé dommage que les mondes oniriques créés restent finalement assez banals. On repense au film « the cell » qui surfait sur un thème similaire, mais avec des mondes subconscients totalement délirants. C’est un des seuls reproches que je puisse adresser à ce chef d’oeuvre. Foncez le voir, et si vous n’avez « rien compris », retournez-y une seconde fois.

 
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Sex and the city 2

Posté par Juju à juin 15, 2010 dans Actu, Faut bien s'occuper

Que faire un soir de foot avec deux copines au moins autant peu motivées par le ballon rond que moi ? Aller voir un film de pétasses bien évidemment !

Bon, en un mot comme en cent, le 2 est – chose rare – mieux que le 1 ! Je m’étais profondément ennuyé en regardant les intrigues mielleuses et creuses du premier opus. Dans cette deuxième mouture, à défaut d’être face à un chef-d’oeuvre (loin de là même…), au moins, on rigole…

Comme dans le premier du nom, on retrouve avec un plaisir réel les héroïnes qui ont fait vibrer des millions de fans de la série devenue culte. De même, l’intégralité des personnages secondaires est au rendez-vous, en particulier au mariage sacrilège de Stanford et Anthony (les deux pédés cultes de la série), scène too much de chez too much. De fil en aiguille, le film emmène les héroïnes au Moyent Orient à abu Dhabi, tous frais payés grâce à Samantha et un contrat qu’elle vient de décrocher et qui parait aussi juteux que sa petite culotte. Bien évidemment, sans vouloir déflorer l’intrigue, rien ne se passe comme prévu et nos héroïnes vont vivre l’enfer à plusieurs milliers de kilomètres de New York, sur fond d’incompréhensions culturelles. Comme toujours, c’est visuellement irréprochable et la bande son est d’enfer. Ce n’est bien évidemment pas sur ces deux points que le bât blesse.


Nos quatre pétasses amies dans le désert

Histoire de faire monter la sauce, le film offre propose une jolie brochette de guest-stars, parmi lesquelles d’anciennes gloires comme Liza Minelli (dont le show ringard à souhait est divin), Miley Cyrus (qu’on aperçoit même pas trente secondes et dieu sait que c’est déjà largement suffisant) ou encore Penelope Cruz, dont on se demande quand même un peu ce qu’elle fout là à part encaisser son chèque.

Le film alterne le très bon et le pathétique. L’intrigue amoureuse entre Big et Carrie ne fonctionne plus. La subtilité de cette relation pendant toute la série reposait sur le fait qu’elle ne se concrétisait jamais vraiment. Une fois mariés, les problématiques de Carrie montrent encore davantage le côté superficiel, voire carrément stupide de l’héroïne. Au lieu de tenter de créer de la nouveauté, les scénaristes ont misé sur de vieilles casseroles et s’acharnent à battre un fer froid depuis longtemps. D’autres passages sont en revanche totalement hilarants. Charlotte est aux prises avec un deuxième enfant totalement insupportable et bénéficie de l’aide d’une nounou poitrinaire totalement délicieuse. L’intrigue professionnelle de Miranda est -hélas- quasiment zappée alors qu’elle aurait pour le coup mérité un véritable approfondissement. Les histoires de Samantha relèvent évidemment le tout avec un humour aussi trash que dans la série.


On retrouve certains personnages familiers histoire de pimenter une intrigue aussi fine qu’un morceau de papier toilette

Mais le vrai plus du film est évidemment toute la partie qui se déroule au Moyen Orient. Pour le coup, les scénaristes ont évité le politiquement correct et vraiment insisté sur le choc des cultures qui peut survenir quand quatre femmes libérées occidentales rencontrent la culture très puritaine du Moyen Orient. En résultent quelques scènes mémorables comme celle du karaoké et surtout celle du souk où Samantha pète les plombs face à une foule d’hommes archi-conservateurs. S’en suit une scène hallucinante ou la quinquagénaire déchainée mime des mouvements de coït tout en faisant des doigts d’honneur à la foule, manquant d’être lynchée, nos quatre protagonistes finissant par être sauvées par plusieurs femmes en niqab qui les entrainent dans une maison où elles retirent leurs voiles intégraux pour dévoiler des tenues Gucci, Prada and co du dernier cri. Nos quatre héroïnes n’ont plus qu’à enfiler à leur tour des niqab pour fuire discrètement la foule d’hommes en colère. Joli pied de nez aux conservatismes de tous bords, cette scène montre, si besoin était, que même dans les environnements conservateurs, les femmes sont souvent bien moins connes que les hommes (pas toujours, mais souvent)…


La scène du karaoke vaut le détour

Au final, un film pas trop mal, très inégal, alternant le très drôle et le navrant, voire consternant. La magie de la série s’est envolée et je doute qu’un troisième opus (qui verra certainement le jour dans deux ans ou trois) puisse la restaurer. L’intelligence qui caractérisait les premières saisons, avec des thématiques précises, une Carrie moitié personnage moitié narrateur, l’intervention en séquences des quidams de la rue, tout ce qui rendait la série si unique avait déjà disparu au fil des saisons et a été enterré définitivement par le premier film sans que le deuxième puisse y remédier. A voir pour quelques bons passages, mais n’en attendez pas trop, vous seriez déçu(e).

 
10

Lady Gaga – Monster Ball Tour – de Paris à Strasbourg

Posté par Juju à mai 27, 2010 dans Actu, Faut bien s'occuper, Musique

Elle est partout, impossible de ne pas en entendre parler. Lady Gaga a quitté l’hexagone après avoir donné trois shows, deux à Bercy et un au Zénith de Strasbourg, respectivement les 21, 22 et 25 mai. J’ai eu le plaisir d’assister à deux d’entre eux et suis carrément prêt à rempiler pour ses nouvelles dates en octobre.

Cela fait maintenant plusieurs mois que je suis le parcours de cette nouvelle créature de la pop et ces concerts ont achevé de me convaincre de l’attachement que je lui porte. Elle m’a réconcilié avec la pop.

Après une première partie totalement gueularde et outrancière, la belle se fait encore désirer avant d’entrer sur scène en ombres chinoises, cachée derrière un rideau après un compte à rebours en vidéo qui met le public en transe. Rapidement, on voit une histoire s’installer, montée comme un opéra avec des éléments de décors spectaculaires. Le « Monster Ball » (le bal des montres) est un endroit merveilleux, affranchi des discriminations et des jugements, où Gaga et ses amis souhaitent se rendre pour y passer une soirée merveilleuse.

L’idée peut paraître naïve, mais elle s’inscrit dans la droite ligne des messages d’ « empowerment » qui ont vu le jour depuis maintenant plus de quarante ans aux Etats-Unis ; droits des femmes, droits des minorités ethniques, droits des gays, des lesbiennes, des transgenres. Le message, adressé en français au public, se veut libérateur.

Le spectacle démarre sur les chapeaux de roues avec plusieurs des tubes de Gaga dont le génialissime « Just Dance », ou « Lovegame » et continue d’un rythme endiablé, mettant le public en transe sur un « Telephone » génialissime.

Le public apprécie également une belle partie lente ou la Lady s’assoit au piano et entonne plusieurs morceaux, reprenant « Stand by me » et chantant, entre autres, son exceptionnel « speechless », montrant au passage des qualités vocales indéniables dont peu de ses rivales peuvent se prévaloir. D’ailleurs, on peut également apprécier qu’elle ne fasse pas de playback, chante juste et s’harmonise parfaitement avec ses deux choristes qui font un boulot remarquable. Les musiciens sont également formidables, en particulier une violoniste au look totalement punk à qui Lady Gaga roulera même une pelle vers la fin de son concert parisien.

Niveau visuel, on en prend évidemment plein la vue. Les décors son sublimes, les costumes à l’image de l’univers visuel et esthétique de la star, totalement cinglés. Les chansons sont entrecoupées de séquences vidéos où on peut apprécier le travail de plusieurs designers du collectif « Haus of Gaga », clin d’oeil à la Warhol Factory, sous la forme de petits clips qui passent en boucle, des mini-happenings filmés.

Le concert continue dans une spirale de plus en plus délirant, avec des très beaux passages scéniques, en particulier une séquence dans un central park gothique, avec une fontaine se sang, des arbres monstrueux et un « Alejandro » superbe. On reste bouche bée lors des derniers morceaux, en particulier « Paparazzi » où le « fame monster » est symbolisé par une énorme créature, mi pieuvre mi baudroie, qui finit par avaler la star qui en ressort avec son spectaculaire soutif qui fait des étincelles. Elle achève enfin le concert sur un « Bad Romance » hallucinant repris en chœur par un public conquis.

Indéniablement, la communion avec le public est totale. La Lady s’adresse d’ailleurs au public dans un français délicieux, lui adressant des « je vous adore » ou « ce soir, c’est le soir de votre libération ». Clairement, on remarque qu’il se passe un truc, qu’on est fasse à beaucoup plus qu’une chanteuse comme la pop en a produit des centaines au cours des 20 dernières années. Le talent de cette jeune femme est palpable, il touche, bouscule, dérange, émeut, rebute, mais ne laisse pas indifférent. Et c’est une salle toute entière qui montre ses griffes de « petits monsters », reprenant unanimement le geste de Gaga.

Une nouvelle Madonna ?
C’est ce que les médias se plaisent à reprendre même si je continue de penser que c’est très con d’utiliser une personne pour en définir une autre. Souhaitons à Gaga la longévité de son ainée, dont il faut bien reconnaitre que la rigueur glaciale et millimétrée et l’utilisation abusive de playbacks est sacrément ringardisée par le talent artistique de sa jeune consœur. Si les looks sont semblables, c’est surtout le message qui les rassemble. La façon dont Gaga s’adresse à son public en envoyant des messages de libération, de tolérance, d’affirmation de soi est la même que celle que Madonna utilisait il y a 25 ans de cela envers les femmes. Gaga s’adresse à un ensemble plus métissé, celui des gays, des lesbiennes, des bis, des trans, et au-delà. C’est en ce sens que leurs démarches se ressemblent. Sur le plan artistique, et même si on est dans le petit univers de la pop, un monde sépare ces deux chanteuses, tant les qualités vocales et surtout musicales (quelle pianiste !) de Lady Gaga sont indéniables. Enfin, alors que l’une a viré dans le contrôle obsessionnel de son image, l’autre adore surfer sur les rumeurs qui courent à son sujet, allant d’ailleurs jusqu’à mimer lors de son concert parisien un énorme pénis avec un des music awards oblong qu’elle venait de remporter.

Bref, un spectacle superbe d’une artiste exceptionnelle. Si vous avez la chance de pouvoir assister à l’un de ses prochains concerts, n’hésitez pas, foncez, criez, sautez, sortez vos griffes de « petits monsters » et donnez lui autant d’énergie qu’elle en balance pendant deux heures de pur bonheur.

Pour tout connaitre sur le parcours de la nouvelle star mondiale de la pop, les Inrocks ont signé un article du tonnerre.

 
7

Le choc des Titans

Posté par Juju à avr 9, 2010 dans Actu, Faut bien s'occuper

J’attendais (naïvement) beaucoup du remake du formidable film éponyme de 1981. Après avoir passé près d’un an de ma vie en Grèce dans ma tendre enfance, bercée par la mythologie qui me fascinait, j’espérais retrouver dans cette nouvelle mouture de l’histoire fantastique de Persée, les émotions que le film de Desmond David m’avait procurées à l’époque, servi par une brochette d’acteurs superbes et des effets spéciaux signés de la main du maître Ray Harryhausen.

Le remake britannico-américain de Louis Leterrier, loin de marcher dans les traces de son illustre ancêtre, brille par la nullité absolue de son scénario. Clairement, l’intégralité du budget est passé dans les effets spéciaux. Résultat, ça castagne sans arrêt, chaque scène est prétexte à un torrent d’action insipide. Alors oui, c’est très beau, mais ça ne sert à rien du tout. Tout le charme du film de 1981 a disparu. Alors que les prouesses technologiques actuelles auraient pu matérialiser le rêve et la magie (palpables) du premier, le réalisateur se fourvoie totalement et pond presque deux heures d’un espèce de jeu vidéo de baston (les scénarios de final fantasy étant d’ailleurs bien plus complexes).

Et pourtant, la brochette de star est bien présente, avec en particulier Liam Neeson et Ralph Fiennes dans les rôles des dieux Zeus et Hadès. Sam Worthington a le corps de Persée, mais son jeu se limite à deux expression ; il alterne entre un air pataud doublé d’un regard vacant ou tente de mimer la colère, sans arriver à être crédible. Bon, il est super bien gaulé et faut bien reconnaitre qu’il n’est pas aidé par le scénar devenu aussi épais que le salaire d’un ouvrier pakistanais.

Le film original tissait des rapports extrêmement subtils entre les dieux, sans jamais montrer de réelle opposition frontale, chacun complotant dans son coin et utilisant les humains ou les créatures mythologiques à diverses fins. Dans cette version moderne, on se retrouve avec la lutte débilitante du bien contre le mal, ce qui a toutefois semblé amuser les neuneus présents dans la salle qui rigolaient sans arrêt. Pour ma part, le seul moment qui m’a fait sourire (jaune d’ailleurs) est celui où Bubo, l’adorable chouette mécanique du film de 1981, fait une brève apparition au milieu d’un tas d’armes et de bibelots, avant d’être aussitôt balancée par un des protagonistes.

Bref, le film a perdu tout ce qui faisait son charme. Certes le Kraken est terrifiant, certes, faire apparaitre Pégase en noir est une idée originale, certes, les diverses créatures sont merveilleusement animées, mais cette histoire n’a plus aucune poésie, ce qui est fort dommage.

Inutile de claquer 9€ pour voir ça, filez plutôt (re)voir l’ancienne version.

 
3

A serious man

Posté par Juju à fév 12, 2010 dans Actu, Faut bien s'occuper

Une torture sur grand-écran…

En matière de situations tordues, de gueules cassées, de relations psychologiques vicelardes et d’humour noir, les frères Coen se sont à nouveau surpassés en pondant « A serious man ».

Après une énigmatique introduction qu’on situe au début du 20ème siècle, l’histoire se déroule en 1967 à Minneapolis. Le film montre la vie de Larry Gopnik, un jeune professeur de physique en attente d’un poste définitif dans son département, vie qui a progressivement partir en brioche lorsque sa femme Judith demande le divorce pour épouser leur ami Sy Ableman, veuf depuis trois ans. A ceci s’ajoute le fardeau représentée par Sarah, sa fille, obsédée par son apparence, Danny son fils paumé fumeur de joints et Arthur, son frère qui squatte la maison familiale et semble à moitié dément.

Le film est une merveille narrative et visuelle mais est atroce et insupportable à regarder de bout en bout. On trépigne face à l’impuissance et la mollesse du personnage principal, totalement passif face à des problèmes qui s’accumulent comme à une montagne face à lui. Pire encore, il semble être le seul personnage sain d’esprit, dans un monde entouré de fous, qu’il s’agisse de sa femme, de l’amant de cette dernière, de sa famille, des rabbins qu’il rencontre, de l’étudiant coréen qui le harcèle.

Le film se termine comme il a commencé, sur un point d’interrogation. Qu’en dire au final ? Perso, j’ai détesté l’histoire, tout en appréciant toutefois les qualités évidentes de la réalisation et du parti pris des réalisateurs. Si vous voulez vous torturer et rire jaune au passage, allez-y, sinon, zappez.

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