Posté par Juju à sept 5, 2010 dans
Elle est pas belle la laïfe?
S’il existe une ville dont je ne me lasse pas c’est Paris. Lorsque Francky m’a dit que cela faisait plusieurs années qu’il n’y avait plus mis les pieds, mon sang n’a fait qu’un tour et je me suis entendu prononcer les mots qui donneraient envie à Charlène de se suicider ; « t’as envie qu’on se fasse des trucs touristiques pendant deux jours avant de s’envoler pour Rhodes ? »
Je n’ai pas résisté à ma passion des vieilles pierres et des fossiles et j’ai entrainé mon homme à l’expo « dans l’ombre des dinosaures » qu’héberge actuellement la galerie de l’évolution du Museum d’Histoire Naturelle. L’expo est très chouette (et dure jusqu’en février 2011, si l’histoire de notre belle planète vous fascine, ne la loupez pas…), les fossiles sont sublimes. J’ai particulièrement flashé sur le carnotaure (que les aficionados de Disney connaissent pour son rôle de méchant dans « Dinosaur »). Quelques mètres plus loin, j’ai pu baver devant les magnifiques pièces exposées dans la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée, en particulier le diplodocus, l’allosaurus, le crâne du tyrannosaure et celui du tricératops. Francky a adoré le sarcosuchus (rien à vois avec notre président… quoique, Sarko sucks…), ce gigantesque crocodile préhistorique qui pourrait bouffer un crocodile du Nil pour le petit déjeuner…

Le carnotaure

Le tsintaosaurus, un étrange dino herbivore asiatique

Le smilodon. Imaginez votre chat en 10 fois plus grand avec deux jolies canines de la taille d’un couteau à viande

et hop, un mamouth

Le tricératops qui me faisait rêver quand j’étais môme

Le célébrissime T-Rex

Le diplodocus vu d’en haut

Et l’allosaure le plus gros prédateur terrestre du jurassique

Le juju-saurus sur le point de se faire bouffer par le sarcosuchus
Mieux encore (ou pire ?), nous sommes allés nous noyer sur les Champs Elysées, histoire de humer le délicieux fumet multiculturel touristique de la plus belle avenue du monde, au gré des boutiques, des showrooms carrément top avant d’aller nous perdre dans Paris, à tuer le temps, 48 heures avant de nous envoler pour l’une des plus belles îles de la Méditerranée…

Puisque je vous dis qu’on a fait les touristes

I’m a bling-bling biatch

Un petit tour au showroom Peugeot

Je la veux !!!

Dire que ça fonctionne encore…

Francky loves Loeb

Non, on a rien bu, burp

Juju, ami des moineaux de Paris

J’adore !!!

Non, ce n’est pas le mien, mais je l’adore quand même
Posté par Juju à juil 30, 2010 dans
Elle est pas belle la laïfe?
Un petit retour aux sources bien agréable m’attend dans quelques heures, le temps de traverser le Rhin (non, pas à la nage, je vous rassure) et de retrouver ma Bavière que j’adore. J’ai quitté l’Allemagne un peu furax après une série de déboires professionnels et sentimentaux en 2006, je la retrouve désormais à chaque fois comme une vieille copine (non, je ne vise personne, c’est une façon de parler, on se calme les filles, vous faites toutes 28 ans… bon allez, 32…) avec qui on s’était vaguement brouillé mais dont l’amitié est telle qu’on sait très bien qu’on l’aime pour la vie.
Ce blog est un peu à l’abandon. C’est aussi un choix. Celui de ne pas s’exposer plus que cela. Le web est un miroir génial d’une réalité qui continue -heureusement- d’exister en dehors de lui. Sur ce, je file, j’attrape ma valise et je fonce ! Ab nach Deutschland !
Encore une année… ces additions commencent à me filer le tournis, moi qui n’ai que 28 ans, c’est quand même la quatrième fois que je les fête ces foutues 28 piges, il serait peut-être temps de bloquer le compteur, histoire de souffler un peu…
Drôle d’année que celle que je viens de vivre, année de changements et de bouleversements au niveau perso, le tout sur fond d’enlisement et de stagnation de consolidation professionnelle. Mouvement dans l’inertie, inertie dans le mouvement… (putain, ça le fait cette phrase, j’comprends même pas moi-même ce que ça veut dire, mais c’est tellement chic, je garde !). A 20 ans, j’observais les problèmes des trentenaires avec un quasi-dédain, à mille lieues de m’imaginer qu’à 30 ans, ben j’allais avoir des problèmes de mec de 30 ans, mâtinés à la sauce pédé, bien évidemment…
L’autre jour, en regardant de veilles photos avec mon papa, je suis tombé sur ce portrait de moi, gamin.

Etrange image que celle de ce soi disparu, absorbé par une masse adulte. Je connais ce regard, mais je n’arrive pas à la percer, à retrouver ce qu’il regardait, au-delà de l’objectif de l’appareil, au delà de papa qui me demandait de le regarder. Trop de claques, trop d’histoires. Je n’arrive pas à contrôler l’émotion qui m’envahit. Je regarde mon père, sans rien dire. L’espace d’un instant, j’ai envie de retrouver ces moments, de repartir un peu plus de 20 ans en arrière, sans impôts à payer, sans crédit à assumer, sans psychiatre à consulter, sans job à assurer, sans cette foule de contingence matérielles à gérer, enclencher ma propre machine à remonter dans le temps, pour revivre, ne serait-ce que quelques heures, ces instants hors du temps.
Et finalement, rien de tout ce qui m’arrive n’est profondément négatif, ma vie est même plutôt chouette, malgré quelques sales gadins qui remettent les idées en place. En plus, le jour J tombe un jour férié, que demander de plus…
Ah tiens, quelques cadeaux, à vot’ bon coeur, héhéhéhé (ouais, si ça en motive encore certain(e)s, je me dépoile pour vous remercier, comme y’a quatre ans…)
Posté par Juju à mai 10, 2010 dans
Elle est pas belle la laïfe?
Retour du centre ville. Il est 19h45, je roule le long des quais. 12°C, ni plus ni moins, air frais d’un printemps à la con dans la grisaille dépressive de Strasbourg, la belle endormie de l’Est. J’arrive vers les quais. J’aperçois trois putes qui squattent un arrêt de bus. Elles commencent tôt ces temps-ci ! L’une d’entre elle, aux cheveux longs, blonds et bouclés, short ras de la boite à cadeaux, un faux air de Shakira, pas trop maquillée et tout sourire harangue un client. Elle mime quelques allers-retours par ses mouvements du bassin. La voiture fait demi-tour et elle traverse juste derrière moi pour aller, hilare, rejoindre son client, sous l’œil amusé de sa « collègue » qui fume sa clope tandis que l’autre fouille dans son Lancel (un faux ?) d’un air distrait. On est bien loin des clichés sur les putes malheureuses, qui vont au tapin comme d’autres à l’usine… mais siiii, l’usine, ce truc qu’on ferme un peu partout en foutant des gens en masse à la rue, rue où diverses carrières s’offrent à eux, dont la prostitution…
Cette scène me rappelle le bouquin King Kong théorie de la géniale Virginie Despentes, en particulier ce passage :
Echanger un service sexuel contre de l’argent, même dans de bonnes conditions, même de son plein gré, est une atteinte à la dignité de la femme. Preuve en est : si elles avaient le choix, les prostituées ne le feraient pas. Tu parles d’une rhétorique… comme si l’épileuse de chez Yves Rocher étalait de la cire ou perçait des points noirs par pure vocation esthétique. La plupart des gens qui travaillent s’en passeraient s’ils le pouvaient, quelle blague ! N’empêche que dans certains milieux, on répète à l’envi que le problème n’est pas de sortir la prostitution de la périphérie des villes où les prostituées sont exposées à toutes les agressions (conditions dans lesquelles même vendre du pain relèverait du sport extrême), ni d’obtenir des cadres légaux tels qu’il sont réclamés par les travailleuses sexuelles, mais d’interdire la prostitution. Difficile de ne pas penser que ce que les femmes respectables ne disent pas, quand elles se préoccupent du sort des putes, c’est qu’au fond, elles en craignent la concurrence. Déloyale, car trop adéquate et directe.
Tellement vrai…
Joie de l’hiver dépressif, j’ai pu renouer avec nombre de mes passions livresques que j’avais quelque peu délaissées pendant les dernières années. L’une d’elle -qui surprendra peut-être certain(e)s d’entre vous- est la paléontologie. Mon rêve de gamin, c’était de devenir paléontologue. Je me souviens encore comme si c’était hier de mon coup de foudre. Mon père avait une grande encyclopédie en plusieurs tomes (comme on n’en fait plus me direz-vous) sur le monde animal et son évolution. Une partie du tome dédié à l’évolution était illustré par certaines planches d’un des plus grands paléographistes de tous les temps, Zdenek Burian.


Les brachiosaures et le tarbosaurus m’ont bouleversé. Sous mes yeux, ces dessins devenaient vivants. J’imaginais ces créatures énormes et ça me fascinait. Rapidement, mes parents ont détecté cette passion qu’ils ont encouragé en m’offrant un premier livre sur le sujet, puis un autre, et ainsi de suite. Les années 80 avaient ceci d’ingrat que, sans web ni même ordinateur, ma seule source de connaissance était les livres sur le sujet que je dévorais avec l’avidité d’une déchiquetteuse. Mon rêve de gosse, c’était d’aller découvrir des fossiles de ces mondes merveilleux, endormis sous des tonnes et des tonnes de roches et ne demandant qu’à raconter leur histoire, celle de notre passé.
(Notons au passage que les représentations de Burian reflétaient la connaissance scientifique de l’époque et sont -pour certaines- inexactes. On sait depuis que les brachiosaures vivaient sur terre et non dans l’eau et que le tarbosaure ne se tenait pas debout à la verticale, mais utilisait sa queue comme balancier. Si vous voulez admirer du magnifique boulot de paléographiste, je vous recommande Paleospot le site du meilleur paléographiste français actuel, Alain Bénéteau.)
« Quand je serai grand, je veux être paléontologue ! »
J’étais probablement le seul môme de l’école à caresser ce rêve. Etrangement, alors que mes parents avaient toujours encouragé ma découverte du monde par les livres, cette ambition effrayait ma mère, qui me voyait volontiers ingénieur ou prof. « Il n’y a aucun débouchés dans ce métier, il n’y a que 4 ou 5 paléontologues en France, et encore…« . Combien de fois m’a-t-elle répété cette phrase… elle n’avait bien évidemment pas anticipé l’impact énorme que Jurassic Parc allait avoir dans les foyers, donnant au passage un énorme coup d’accélérateur à la médiatisation du sujet. Dans l’intervalle, programmation parentale inconsciente oblige, j’avais rangé au placard mon rêve de gosse et suicidé mes chances de réussite dans les matières scientifiques, exception faite de la biologie que j’aimais trop pour la négliger. Ma mère a tiré une tronche de dix pieds de long le jour où je lui ai annoncé que je faisais un bac éco (et pas scientifique), sans prendre pour autant conscience que c’était la conséquence directe des messages qu’elle m’avait fait passer quelques années plus tôt.
Au cours de l’hiver dernier, j’ai renoué avec cette passion alors que je me promenais à la Fnac. Je suis tombé sur un bouquin, « Evolution » de Douglas Palmer.
Je le recommande vivement à quiconque souhaite s’initier à la paléontologie et découvrir l’histoire de la vie sur notre planète. Le bouquin comporte une très longue frise, reproduction d’une création incroyable longue de 50 mètres, qui s’étend sur la majeure partie des pages et dépeint des scènes de vie à travers les âges de la terre, le tout completé par des zooms sur certains fossiles. Il se lit presque comme un livre d’images mais apporte une foule de renseignements passionnants et fourmille de détails.
Dans le même ordre d’idées et dans la plus pure ligne du « made in America » qui en fout plein la vue, le paléontologue américain Steve Brusatte a pondu un chouette bouquin, Dinosaures, qui pèse une tonne et ne tient sur aucune étagère, mais peut se prévaloir de jouir de plus belles illustrations 3D de dinos et de très chouettes infos, quoiqu’étant plus de la vulgarisation qu’un bouquin vraiment scientifique.
Les contenus présentent nombre de découvertes récentes, entre les dinosaures à plume (hé oui les amis, les ptit oiseaux ne sont rien d’autres que des dinosaures qui ont échappé à l’extinction de la fin du secondaire il y a 65 millions d’années de cela) ou encore les protéines de moelle osseuse de tyrannosaure retrouvées intactes (et confirmant d’ailleurs le lien étroit entre les dinosaures et les oiseaux). Un super bouquin, autant à lire qu’à regarder.
Plus fort encore, la Terre avant les dinosaures du paléontologue français Jean-Sébastien Steyer (qui a certainement été encouragé par sa maman quand il était petit) et illustré par Alain Bénéteau.
Attention, novices, s’abstenir, ce bouquin s’adresse à des lecteurs ayant de bonnes connaissances ou la patience et la curiosité pour s’intéresser aux évolutions animales qui ont précédé l’arrivée sur notre planète des dinosaures.
Un ouvrage incroyablement riche, technique, pertinent, témoignage d’un boulot de recherche formidable et qui fait la part belle aux mal-aimés de l’évolution, les dinosaures et les mammifères retenant bien souvent l’attention du public et des médias.
Last but not least, la merveille des merveilles. Ce Guide critique de l’évolution, rédigé sous la direction de Guillaume Lecointre et également illustré -entre autres- par Alain Bénéteau, est une bouquin fabuleux et d’une richesse hallucinante.
Rédigé avec un soin incroyable et très pédagogique, il apporte, comme son nom l’indique, une vision critique de l’évolution, réfutant les thèes imbéciles des créationnistes et balayant pas mal d’idées reçues circulant habituellement sur le sujet. Il oeuvre surtout à montrer de façon intelligente que, si les formes de vies étaient différentes, les écosystèmes étaient relativement similaires de par leur structure intrinsèque, fait que l’on oublie souvent en cédant à la tentation du spectaculaire. Un bouquin à lire absolument si le sujet vous intéresse.