Encore une année… ces additions commencent à me filer le tournis, moi qui n’ai que 28 ans, c’est quand même la quatrième fois que je les fête ces foutues 28 piges, il serait peut-être temps de bloquer le compteur, histoire de souffler un peu…
Drôle d’année que celle que je viens de vivre, année de changements et de bouleversements au niveau perso, le tout sur fond d’enlisement et de stagnation de consolidation professionnelle. Mouvement dans l’inertie, inertie dans le mouvement… (putain, ça le fait cette phrase, j’comprends même pas moi-même ce que ça veut dire, mais c’est tellement chic, je garde !). A 20 ans, j’observais les problèmes des trentenaires avec un quasi-dédain, à mille lieues de m’imaginer qu’à 30 ans, ben j’allais avoir des problèmes de mec de 30 ans, mâtinés à la sauce pédé, bien évidemment…
L’autre jour, en regardant de veilles photos avec mon papa, je suis tombé sur ce portrait de moi, gamin.

Etrange image que celle de ce soi disparu, absorbé par une masse adulte. Je connais ce regard, mais je n’arrive pas à la percer, à retrouver ce qu’il regardait, au-delà de l’objectif de l’appareil, au delà de papa qui me demandait de le regarder. Trop de claques, trop d’histoires. Je n’arrive pas à contrôler l’émotion qui m’envahit. Je regarde mon père, sans rien dire. L’espace d’un instant, j’ai envie de retrouver ces moments, de repartir un peu plus de 20 ans en arrière, sans impôts à payer, sans crédit à assumer, sans psychiatre à consulter, sans job à assurer, sans cette foule de contingence matérielles à gérer, enclencher ma propre machine à remonter dans le temps, pour revivre, ne serait-ce que quelques heures, ces instants hors du temps.
Et finalement, rien de tout ce qui m’arrive n’est profondément négatif, ma vie est même plutôt chouette, malgré quelques sales gadins qui remettent les idées en place. En plus, le jour J tombe un jour férié, que demander de plus…
Ah tiens, quelques cadeaux, à vot’ bon coeur, héhéhéhé (ouais, si ça en motive encore certain(e)s, je me dépoile pour vous remercier, comme y’a quatre ans…)
Non non, ce n’est pas le dernier titre d’un film d’auteur chiant que j’aurais mollement regardé, englué dans le siège fatigué d’un cinoche de quartier. J’avais rendez-vous ce matin chez mon notaire. Tout juste deux ans après l’avoir rencontré pour signer -à deux- l’achat d’un appartement, je l’ai revu ce jour -seul- pour signer le rachat de mon appartement. Simple formalité pour l’officier public, moment décisif pour moi…
A chacun des rendez-vous, j’avais pris un soin minutieux, presque obsessionnel à observer chaque détail de la salle où il me/nous recevait ; la grande table ovale en marbre blanc, le papier peint seventies, les nombreuses photos et gravures de la Cathédrale de Strasbourg sur les murs. Aujourd’hui rien… mon regard se perd dans les mails professionnels que j’égrène sur mon blackberry tout neuf (matos de la boite, si j’avais dû choisir, j’aurais pris un i-phone).
Le notaire me rejoint, me lit l’acte de licitation. Je paraphe chaque page et signe l’acte apposant pour la dernière fois mes initiales, puis ma signature, à côté des siennes. Après avoir vérifié le bon transfert des fonds, le notaire me remet les clés. Le porte-clé m’est familier. C’est un petit Mario que je lui avais offert pour aller avec la Peach qui ne me quitte jamais. Il ne l’avait jamais mis sur son trousseau lorsque nous étions ensemble, c’est la première fois que je le vois « en service ».
Tout s’enchaine très vite, le notaire me confirme que je suis désormais seul propriétaire de mon appartement et que je me dois désormais de porter seul la charge du crédit. J’acquièsce avant de le remercier et de prendre congé de lui. La porte de l’étude se referme derrière moi. Le dernier lien qui nous unissait est désormais rompu. Une foule de questions ressurgit dans mon crâne. Je n’arrive pas à retenir mes larmes en marchant vers ma voiture. Soulagement, tristesse, culpabilité. Six mois après notre rupture, je reste face à ma propre incompréhension, face à mes incohérences, face à l’absurdité d’un bon paquet de mes choix.
Nouvelle page, nouveau départ. Hardos de trouver une conclu. Il fait pas trop moche dehors, même plutôt beau, m’en voulez pas si je vous laisse sur ces mots et file prendre l’air et quelques rayons de soleil.
18 novembre 2009, 00h27
Je m’élance dans la nuit noire…
J’ai pris mes clefs…
Je m’avance dans la pénombre d’un appartement étranger et je retrouve le plaisir inouï de copuler avec un parfait inconnu !!
Dieu que c’est bon la luxure.
Au moins une joie du célibat…
18 novembre 2009, 1h29
Et voilà !
Un coït extraordinaire !!!
Ben finalement, pendant que je ronge mon frein et dissèque les tenants et aboutissants de l’échec retentissant de ma relation avec Roméo, mon cher ami Lio a pris le parti de l’action. Il aurait été coaché par Charlène que cela ne m’étonnerait absolument pas.
La dualité des êtres me fascine. Cette capacité à jouer sur des registres aussi différents, cette tessiture aux allures de grand écart qui fait qu’on peut jouer aussi aisément sur le registre de la salope que de la mère la pudeur et s’y sentir comme un poisson dans l’eau titille mes sens au plus au point.
Pendant longtemps, je craignais la solitude des nuits d’automne. Celles des dernières années ont été à la fois douces et amères. C’est étrange de s’attacher autant à quelqu’un dont on a peur, et de laisser cette angoisse nous remplir au point que son absence, loin de vous libérer, vous fait l’effet d’un sevrage.
Je ne crains plus la solitude, profondément, je la désire, je l’attends, non comme une convoitise, mais comme un signal, comme le début de retrouvailles sereines avec celui que je deviendrai.
Plus qu’une quinzaine de jours…
Roméo a signé un bail pour un appartement bien à lui. De mon côté, j’ai repris à mon compte le prêt bancaire contracté communément pour notre appartement. Un passage chez le notaire et la séparation sera complète et la boucle, bouclée.
J’aurais tant aimé que tout se passe dans un respect mutuel et dans une neutralité polie. C’était sans compter sur les tempéraments bouillonnants qui nous habitent l’un et l’autre. Les dernières semaines ressemblent à un interminable tour de montagnes russes, hurlements et haut-le-coeur compris, mais sans vraiment savoir quand s’arrête le tour de manège.
Insultes, cris, dérapages sexuels (à deux ou plus, je vous épargne les détails, Roméo a des amis surprenants et incroyablement salopes serviables quand il s’agit de nous aider à relâcher la pression), la liste est longue. Je découche un soir sur deux pour éviter les confrontations, il me flique, je lui crie dessus. Bref, une vraie belle rupture, avec toutes les joyeusetés psychosomatiques qui vont avec, miam… c’est incroyable ce que la peau peut être créative quand on la stresse…
C’est phénoménal, cette attente d’un après totalement incertain, qu’on est incapable de s’imaginer tant le présent est brûlant, pesant, venéneux…
Posté par Juju à oct 8, 2009 dans
Couinages/Dépressions
Le temps d’une trêve, de délicieuses petites vacances ensoleillées à Majorque, j’y ai cru, il y a cru, nous y avons cru. Le problème du verbe croire, c’est qu’il ne se conjugue qu’au présent. La croyance passée est aussi vaine que l’espoir futur est incertain. Oui, je sais, je débite des phrases pseudo-philosophiques à la mord-moi-le-gland comme une serveuse débite des chopes de bière un soir d’Oktoberfest à Munich. Je ferais mieux d’en parler à un psy vous dites, ouais, c’est prévu.
Bref, pour les ras-du-bulbe qui auraient pas encore compris, ou pour les deux glands qui ont atterri ici en espérant voir du porno, c’est fini entre Roméo et moi. Hein, c’est qui Roméo ? ben lisez les archives. Pour ceux et celles qui suivent encore, oui, vous trois là-bas, au fond à gauche, je sais, ça a déjà été annoncé à mainte reprises, mais cette fois-ci c’est pour de bon. Hein, j’avais dit ça la fois d’avant, ouais, je sais…
Fin d’une histoire, je n’ai aucune envie de m’apesentir, je reprends juste ces mots que j’ai écris il y a quelques mois sur notre relation. Tout est dit.
J’ai changé. Il m’a changé. Je peux me retourner sur cette belle histoire, caresser ses lumières, apprivoiser ses ombres, accepter que nous ne sommes que de passage dans la vie de l’autre, garder l’éclat de ces sentiments, embrasser tendrement les fantômes de ces petits bonheurs passés.