Pourquoi je n’irai pas voir Rigoletto
Toutes les folles lyriques et les opéra-freaks de la blogosphère sont en émoi. Dimanche, c’est la sortie Rigoletto avec Dame Kozlika et sa suite verdiphage.
Pff, la belle affaire. Qu’on se le dise, j’adore Verdi, je pleure en écoutant la Traviata, je frémis aux mesures du bal masqué (un ballo in maschera), je suis subjugué par l’opulence d’un Trovatore, j’écoute Aïda en boucle, j’aime passionément Nabucco, Attila, Otello et MacBeth. Mais Rigoletto, non ! Non, non et non !
Alors, commençons par l’histoire… le librettiste a eu une panne d’inspiration ce jour-là et a consulté une voyante qui lui a livré le contenu d’un épisode des Feux de l’amour ou d’Amour Gloire et Beauté.
Alors, c’est un bossu, appelons-le Victor puisqu’on nage en plein soap de toute façon, plutôt vil et lèche-cul qui est le bouffon à la cour du Duc de Mantoue, un beau gosse dont le passe-temps favori est de dépuceler de la catholique, qu’elle soit consentente ou non (ça sert à quoi sinon d’être duc hein ?) Victor a une fille, Gilda, aka. Nikki. Nikki est jeune et pure. Et conne comme ses pieds. Forcément, Victor l’a enfermée comme une pauvresse et elle n’a le droit de sortir que pour aller prier, c’est pas avec ça que la pauvre fille va connaître les choses de la laïfe. Heureusement, le librettiste se charge de mettre le queutard de service sur son chemin 20 minutes de lyrisme plus tard. Les libidineux respirent, elle mourra pas vierge !
Je vous passe les détails de l’histoire qui justifient le prix exhorbitant d’un billet d’opéra, mais Nikki termine dans les griffes du Duc, Ridge (on passe à Amour, Gloire et Beauté) qui se la tape en se faisant passer pour un étudiant désoeuvré après avoir soudoyé Giovanna, la dame de compagnie de Nikki qui s’avère être une sacrée maquerelle. Pas con le Duc !
Nikki, dans toutes l’étendue désespérée de sa cruchitude dévirginisée, avoue à son papa avoir perdu son honneur. Victor fulmine et décide de se venger de Ridge qui a déjà oublié Nikki et se cherche de quoi se vider les roubignoles.
Il fait appel à Sparafucile, alias Jack Hamilton, qu’il engage pour l’éliminer. Hélas, le charme irrésistible de Ridge le duc opère sur Maddalena, Sally, la soeur de Jack, qu’il prostitue habituellement pour attirer ses victimes. Sally s’éprend de Ridge et supplie Jack de le laisser en vie. Il accepte et tue la première personne qui se présente, Nikki, qui, gourdasse jusqu’au bout, accepte de mourir pour celui qu’elle aime (voilà ma petite comment on négocie les ruptures de contrat dans les soap, tu finis poignardée dans un sac, ça aurait pu être pire, combien sont tombés dans une cage d’ascenceur hein ?). Victor découvre avec effroi Nikki agonisante. Fin de l’histoire.
Donc en résumé chez les mecs, on a :
- un gros lourd qui idolâtre sa môme au point d’en faire une bécassine qui se fait culbuter par le premier minet venu.
- Un enfoiré de première qui profite de son titre pour s’envoyer toutes les demoiselles du coin.
- Un tueur-souteneur pas bien consciencieux.
Chez ces dames nous avons :
- Miss innocente victime qui remporte haut-la-main la palme de la cruche opératique (la tenante du titre était Pamina dans la Flute Enchantée).
- la maquerelle.
- l’entraîneuse sentimentale.
Et tout le monde se rue pour aller voir ça !!!
Bon forcément, quand on entend la musique (merci Kozlika pour les écoutes comparées), on ferme les yeux sur les aléas du scénario et on chantonne avec Gilda. Ti-da-da-da-da-da-daaaaaa…
Erna Sack, Caro Nome, 1935
Méheu ! marche po le dewplayer chez moi (Mac / Firefox) :’(
Et sinon merci pour la tranche de rire !
Génial ton résumé!
Mais j’entend rien!?
Et non, Je ne suis pas sourd!:lol:
Kozlika, Didier > J’ai constaté que le lecteur merdait (mon merveilleux serveur !)
. Je bidouille ça et ça repart !
Valaaaa, ça remarche, c’est Erna et en Allemand svp (je vais encore me faire gronder moi :nerveux: )
Mouaih, tu fais ta jalouse, hein c’est ça !!!
J’ai prévu mon briquet pour chanter à tue-tête dans la fosse. Ca va être trop d’la balle ! Je te raconterai.
Vroumette > Toi, fais gaffe ! Sinon je t’envoie Tri-Tinh et Charlène :mouais:
Juju, le jour où tu écris un bouquin, je l’achète!!! Je pleurais de rire.
On en veut d’autres… Surtout la petite expression « dans toute l’étendue de sa cruchitude dévirginisée »… :youpie:
Même pas peur, nous exhiberons nos nichons à l’orchestre ! On va faire un tabac à l’opéra !
Compte de toute façon sur ma présence pour réconforter comme il se doit (et caresser dans le sens du poil) certaines personnes chagrinées par ton absence…:twisted:
Ta di da tata tata…taaa di da tata tata aussi
Calvin > merci mon cher :amuuur:
Vroumette > Ouaiiiiis ! Des photos, des photos !!!! :victoire:
Snooze > De qui tu parles ? Kozlika sera effondrée ?
@juju: t’as raison, il vaut mieux que tu penses que c’est de Kozlika dont je parle au vu de ma grande qualité de
consommationconsolation de minets…Rigoletto ? C’est pas une histoire rigolotte alors ? Merde… j’avais mal compris… :nerveux:
Heu, si je peux me permettre : TOUS les livrets de Verdi sont à pleurer (de rire) ; quant à la musique, j’veux bien fermer les yeux, mais c’est pompier + souvent qu’à son ordinaire (à part quelques exceptions genre la fugue finale dans Falstatt).
Alors Rigoletto ou autre chose, je suis pas sûr qu’il y ait matière à finasser.
La seule fois où je me suis laissé embarquer, c’est que j’étais sûr d’avoir mon compte en cul en sus…
Sans rancune…
Et don’t forget : « Tout au monde n’est que farce et l’homme est né bouffon »
Note pour plus tard : vider les cookies après chaque passage de Juju sur mon ordi… :fleurs: (c’était moi pour le commentaire rigoloto)
Matoo > :amuuur: c’est pas grave. Je suis déjà la cruche écervelée de la blogosphère, alors un peu plus…
Nikki > Falstatt ??? C’est une ville de l’Est de la France non ?:mrgreen: Sinon, pas vraiment d’accord sur les livrets. L’histoire d’Aïda est très bien construite. Et la Traviata qui est la restranscription de la Dame aux Camélias. Ca vaut dire quoi, que le roman de Dumas est à mourir de rire aussi ?
Même remarque pour Mac Beth et Otello dont les livrets sont fidèles aux oeuvres de Shakespeare.
Je te propose un truc pour faire taire Snooze:
Essaye de prendre un prem’s à 30 euros pour Paris et je te file la place que je réservais à Snooze (qui restera à la maison pour la peine)…
Chondre > Oooh, je sais pas si c’est sérieux, mais c’est trop gentil que snooze se sacrifie sans sourciller
Hélas, je suis dans mes cartons au fin fond de la Bavière. J’y serai pour la prochaine sortie de groupe (l’elisir d’amore si ma mémoire est bonne).
Je sourcille, je sourcille…mais que veux tu le sacrifice, c’est mon côté « On m’appppellleuh lé Chévalier Blanc » qui ressort.
Snooze > Tu n’as vraiment que des qualités. Pas étonnant que Kitt te désire avec tant d’ardeur !
Je n’ai pas aimé Rigoletto tout suite, mais tout dépend, d’après moi comment c’est joué et chanté. Et il a deux trois aires magnifiques, même si mon préféré reste Traviata.
Et je crois que montrer des hommes imbus d’eux même, des femmes aimant et se sacrifiant, des pères impuissants devant le comportement de leurs filles, des hommes a double standard, n’était si mal que ça comme sujet!
ps Merci de ta visite!
Julie70 > je prends le tout au deuxième degré concernant Rigoletto, disons que le fait que le seul personnage qui ne soit pas pourri meurt dans des souffrances horribles n’est pas forcément de mon goût. Sinon, pareil pour la Traviata. :love:
Y’a Surya Bonali qui patine en même temps ou pas???
Si oui, ça m’intéresse
Charlène > Non, pas à ma connaissance. Elle ne rentrait pas dans son costume
OUPS, désolé
! Mes neurones ont fourché… D’un autre côté bien vu : mon lapsus est directement lié à Pfastatt pour d’obscures raisons familiales. Ceci dit je maintiens : les livrets « d’après » ne garantissent rien ; le squelette ne suffit pas !
Mais j’avoue : je suis de mauvaise foi ; c’est surtout la musique qui est le plus difficilement supportable (ceci dit la traviatta, c’est vraiment trop con ! Pardon mille fois ! Pour me faire pardonner, je vais lire la dame aux camélias de Dumas pour voir si c’est un peu plus bittable et viendrai en rendre compte) !
Encore mille excuses et vive la musique !
:nerveux:PS : et merci de ne pas se foutre de ma gueule parce que j’ai mis 2 t à Traviata !!!
Je ne vais pas m’autopsychanalyser toutes les 2 min !
Nikki > Tu viens de Pfastatt ? Moi de Guebwiller
le monde est petit. Perso, j’adore la musique, c’est même ce qui me plait le plus chez Verdi, nous ne trouverons donc pas d’accord.
Pas de problème pour les deux « t » à Traviata ma chère Nikkki
Pas d’accord pour l’instant mais qui sait… Je ne suis pas complètement coincé ; quand je n’aime pas, j’insiste jusqu’à ce que ça rentre. Mais bon y a tellement plein d’autres trucs géniaux à côté (au hasard dans la même période et si on reste dans l’opéra, Janacek par exemple).
Non désolé, j’avais il y a quelques années de la famille à Pfastatt mais pas moi. Guebwiller, ben t’es ben chanceux ! Rien que ses grands crus d’Alsace (t’aurais pas un filon pour du Kitterlé ?), ça doit éduquer son homme, non ?!
rolala, Frau Sack qui gazouille en allemand !
(non mais quoi, ‘vais quand même pas mettre un commentaire sur tes problèmes de moule-bite-au-taf….)
zvezdo > N’est-elle pas merveilleuse ? :love:
Nikki > Je bois très peu mais en amateur effectivement
Pour Verdi, je te promets, c’est comme le vin, plus on consomme, plus on aime !