Pedro, Alice et l’alcoolo de service
Puisque ce cher Chondre m’y invite avec tant de gentillesse, je ne peux que me plier à l’exercice ; raconter une histoire qui se termine par “bien fait pour lui/elle”. Au passage, je signale que les prénoms ont été changés pour garder le (relatif) anonymat des personnes concernées.
Tout commence pendant ma première deuxième année de fac. Alice et moi étions inséparables. Nous passions plus de temps entre bars, boites et soirées avec des potes qu’à bosser. Mais bon, ça sert à ça un DEUG de langues étrangères appliquées après tout. Alice était une vraie langue de pute. Nous adorions ça, tailler des costards à tout ce qui bougeait. Bon, à l’époque, on avait des looks de chiottes sapés comme des sacs poubelles, mais bon, on se voyait comme des gros winners de la laïfe, on se refait pas.
Le soir du Nouvel An 1998-1999, Alice emmena un de ses potes, Pedro. Joli garçon, je m’était dit qu’il aurait pu faire un excellent quatre heures. L’alcool aidant, nous nous retrouvâmes, Alice, Pedro et moi à nous faire de gros câlins sur le canapé de maman qui, heureusement, n’en su jamais rien. Nous eumes la merveilleuse idée de prolonger ce petit jeu quelques jours plus tard dans mon appartement strasbourgeois, tous les trois, nus sur mon lit.
J’eus alors une révélation de l’ordre de celle qui font les apôtres et les saints du firmament. Pedro allait devenir l’homme de ma vie (et un magnifique plantage 6 ans plus tard). Je le savais, c’était une évidence. Malheureusement, j’eus ma révélation alors que j’avais le museau solidement plaqué entre les jambes d’Alice qui n’apprécia guère mon acte de foi. Une heure plus tard et une Alice furibarde sortie en trombe comme une diva conspuée sur scène, Pedro se montra digne d’être l’objet de mon amour. Trois fois de suite.
A partir de ce jour-là, qui scelle aussi la fin inéluctable de ma bisexualité, Alice jura ma perte. Bien sûr, elle n’en montra rien, fit en apparence preuve d’une abnégation sans faille et nous renouvela toute son amitié… tout en déversant sur le campus les pires immondices à mon encontre.
Les mois puis les semestres passaient. Ma relation avec Alice ne faisait qu’empirer. Comble du comble, elle sortait avec Lionel, un mec homophobe au possible dont le plus grand drame était que tout le monde le prenait pour un pédé. Nous étions alors étudiants en relations internationales. L’ambiance était plutôt merdique, il regnait une concurrence acharnée entre les étudiants et Alice ne manquait pas de me faire passer pour la dernière des ordures à chaque occasion.
En septembre 2001, nos routes se séparèrent. Nous restâmes en contact, malgré les prises de tête et les mesquineries. Alice me rendit même visite en Allemagne début 2003. En septembre 2003, Ricardo, mon premier amour entreprit de me retrouver. Je lui rendis visite et il me dit à quel point il était heureux de me revoir, croyant que j’avais disparu. Il me révéla alors avoir croisé Alice quelques semaines auparavant, laquelle lui dit que j’avais totalement disparu sans laisser de traces depuis septembre 2001 et que tout laissait à penser qu’on ne me reverrait plus jamais. J’était abasourdi.
Début 2004, Alice travaillait alors comme prof de Français dans une base militaire alsacienne. Le père de Pedro y travaillait également. Alice ne manquait pas de le saluer à chaque fois qu’elle le croisait, ponctuant ses intentions d’un “et comment va Pedro ? Toujours au chômage ? C’est dur alors que Juju travaille, lui.”, le tout agrémenté d’un sourire de pimbèche. Le père de Pedro, affecté par la précarité professionnelle de son fils ainé et notoirement homophobe et opposé à ma relation avec Pedro, restait sans réponse et se contentait de l’éviter.
Alors que je papotais avec Agatha, une de mes meilleurs amies, celle-ci me raconta être sortie quelques jours plus tôt avec Alice et sa bande de militaires (ça fait très titre de film de cul et attendez la suite). Après un restau, Agatha leur proposa d’aller boire un verre dans son bar préféré. Alice y coupa court, déclamant un solennel : “Tu sais, les soirées de beuverie avec Juju qui terminait à moitié à poil à danser sur une table complètement bourré et montrait son cul à tout le monde, c’est du passé. Je ne suis pas l’alcoolique de service moi !”
J’étais furax. C’est vrai, je me suis réveillé un paquet de fois avec la bouche pâteuse et ai constaté la disparition de plusieurs de mes sous-vêtements, mais de là à me faire une réputation pareille…
Justice divine ou concours de circonstances, quelques jours plus tard, Pedro débarqua hilare chez moi. Il me raconta que son père lui avait relaté que toute la base militaire était en émoi, suite à une soirée plutôt arrosée ou l’une des demoiselles en treillis de la base avait finie totalement nue sur un bar, bombardée des feux de flash d’appareils photo numériques de jeunes recrues en manque. Le comble était que les photos s’étaient retrouvées sur le web dès le lendemain et circulaient dans toute la base. Dans la foulée, la demoiselle, bien que casée depuis plusieurs années, s’était tapé un sergent connu pour être le queutard de service. La demoiselle en question n’était autre qu’Alice.
J’étais partagé, devais-je en sourire ou en pleurer. Ni l’un ni l’autre, j’ai juste appelé ma meilleure amie. Comment on dit déjà, “téléphone arabe” ?
![]()
Le 27 février 2006 à 11:22
Dans le genre langue de pute, effectivement…:youpie:
Le 27 février 2006 à 11:27
La classe. Tu as été très digne sur le coup. Pas de nom, mais juste un coup de fil pour informer ta meilleure amie et lui dire à quel point tu étais désolé pour cette chère « Alice ». Ne pas mettre d’huile sur le feu et ne pas répandre d’informations exagérées. Juste compatir.
Au fait, sur quel site peut-on trouver cette grosse cochonne se déhanchant à poil sur une table ?:mrgreen:
Le 27 février 2006 à 11:30
Etant moi-même pur comme le critsal (mon deuxième prénom), je dis : Il ne faut jamais se réjouir du malheur d’autrui (c’est comme boire de l’alcool quand il fait froid: on a l’impression que ça réchauffe, mais en fait c’est tout l’inverse). Cleve, l’innocent.:victoire:
Le 27 février 2006 à 12:14
Quelle verve :) !
Le 27 février 2006 à 12:49
@ Cleve: Allez un petit coup de méchanceté gratuite… Tu es pur comme le cristal avant ou après le petit coup dans le nez??? Parce que ne pas même arriver à orthographier son second prénom, c’est du méga LOL.
@ Juju: Elle est pas mal, ton ex “meilleure amie”… J’imagine même pas la galère que ça a dû être après cette belle soirée où elle a pû prouver à tous ces militaires à quel point elle était pure et innocente par rapport à cette ordure de Juju… Juste une précision… Elle est cruche ou elle fait semblant?
Le 27 février 2006 à 13:15
les armes des autres sont les plus efficaces, ils ne s’attendent pas à les voir utilisées par leurs “amis” …
Le 27 février 2006 à 13:43
calvin> Quand on s’appelle cristal, il faut avoir l’esprit blonde. Et l’esprit blonde passe aussi par l’orthographe… non mais!
Le 27 février 2006 à 13:44
Juju> Pour t’avoir autant haï après ce moment avec “Pedro”, elle devait avoir un petit faible pour toi au début, non? L’amour se transforme très facilement en haine.:???:
Le 27 février 2006 à 13:44
Tu es blonde Cleve?
Le 27 février 2006 à 13:47
@ Etienne: C’est soit ça, soit elle a une tendance pieuvre, comme pas mal de filles… Elle se fout de toi éperduement tant que tu lui témoignes l’attention etc à laquelle elle estime avoir droit. Si tu tournes la tête, elle te démolit. Pas forcément pas intérêt, mais simplement parfois par possessivité. C’est compliqué une fille. On devrait les servir avec mode d’emploi…
Le 27 février 2006 à 13:59
calvin> En fait, pas vraiment. Mais je fais beacoup d’efforts pour donner le change…
Le 27 février 2006 à 14:05
Pour ma part, je trouve que ce n’est qu’un juste retour des choses.
Le top aurait été que tu la recroises quelques jours plus tard : “tiens, tu devineras jamais ce que j’ai entendu dire…”:shock:
Autant faire langue de pute jusqu’au bout !
Le 27 février 2006 à 14:52
Les donneurs de leçons qui se retrouvent dos au mur (et cul à l’air)… C’est toujours un délice
Le 27 février 2006 à 16:36
Haaaaaaaaaaaaaaan, mais c’est pire que Dallas, Dinasty et les Feux de l’Amour ici.
Gruiiiiiiiiiiiiiiiiik
Le 27 février 2006 à 17:15
RCerise > On se refait pas. Ni elle ni moi.
Chondre > Figure-toi que le père de Pedro l’a prise en pitié et n’a jamais voulu nous donner l’adresse. Une fois que l’info a circulé, les intéressés ont été sommés de supprimer le site. Mais les photos doivent encore traîner en ligne.
Cleve > Quel faux-derche ;) Et en critsal svp
hlys > Merci mon expatriée
Calvin > Pas cruche du tout, mais une tendance à perdre le contrôle et les vêtements dès qu’elle passe les 1,2g.
Wam > Effectivement. Dans ce ca, c’était plutôt un effet boomerang.
Etienne > On ne saura jamais vraiment. Je crois qu’elle étaient dans un trip “une fille deux garçons trois possibilités”. Pour rebondir sur ce que dit Calvin, elle était très possessive, tant envers lui que moi, elle s’est dont sentie exclue et rejetée, même si nous tenions alors plus que tout à conserver notre amitié intacte malgré le batifolage bien vite avorté.
Hephy > Oh non, si je l’avais croisée, je lui aurais dit : “Oh mon Dieu, ma pauvre, comme c’est méchant ce qu’on t’a fait, tous des salauds. Mais tu pourras toujours compter sur moi”.
Fred > Le cul à l’air oui. Et je suis bien placé pour en parler
Kitt > Toujours ! Et avec classe et venin

Le 27 février 2006 à 19:31
Je dois ajouter que la pauvre Alice, lorsque je l’ai croisée l y a un an, affichait une triste mine : peau gris souris, traits mous, cernes profondes et noires, yeux gonflés, injectés de sang, cheveux crépus et sans forme… une image bien loin de la jeune et fraîche belle des champs à laquelle veut nous faire croire. Bien fait pour elle !
Le 27 février 2006 à 20:24
Stella > J’en suis effondré.
Le 27 février 2006 à 21:45
Et l’histoire traverse le temps sous ton infaillible plume.
Il n’y a pas à dire, le web est merveilleux!
Le 27 février 2006 à 22:18
@ Stella: Là, je ne souscris pas. Même si une personne vous fait tout le mal possible, on ne peut pas se réjouir de la voir tomber très très très bas.
Ma maman me disais toujours quand j’étais martyrisé par un charmant camarade de classe “Laisse faire le temps, et sans avoir bougé, tu verras le corps de tes ennemis passer dans la rivière”. Et elle avait raison. Mais quand j’ai vu le corps passer, je n’ai pas réussi à m’en réjouir. Le temps est trop cruel quand il décide de punir. Je crois qu’on éprouve surtout de la pitié au final. Parce que la méchanceté, c’est avant et surtout de la bêtise. Et que malheureusement, le monde est cruel pour les imbéciles.
Le 27 février 2006 à 22:39
Bon sans aller jusqu’à se réjouir de voir passer le cadavre d’un de ses ennemis, ça fait quand même du bien de les voir se prendre des baffes de temps en temps !
Je dois avouer avoir gouter une fois ce plaisir et putain c’était bon.
Le 27 février 2006 à 23:23
huhuhuhuhuhuhuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu
nananananèreuuuuuuuuuuuuuuuuuu! :D
Comme quoi les petits défauts qu’on ne peut pas supporter chez les autres sont souvent les gros défauts qu’on possède et qu’on assume pas :D
Le 28 février 2006 à 01:29
Didier > Merci.
Oui, le web est merveilleux. Je l’aime un peu plus chaque jour.
Calvin > Stella était en mode deuxième degré, mais bon, comme moi, elle a un côté germanique, et on connait leur gros défaut aux Allemands : Schadensfreude ;)
Vroumette > Tu nous racontes ça à l’occasion ?
Main D’Argent > C’est toujours la même chose. Regarde, les pires homophobes (n’allez pas dire que j’assume l’homosexualité à un défaut, je commente juste) sont souvent les plus refoulés.
Le 28 février 2006 à 08:17
Juju, il y a un mot en allemand, c’est schadenffreude (je me souviens que de la phonétique du mot), il n’existe pas trop d’équivalent en français et ça veut dire “bien fait pour toi” quand un truc un peu méchant arrive à quelqu’un, tu dois le connaitre. Et pour l’histoire, j’adore
Le 28 février 2006 à 09:05
Maxouuu > J’en avais parlé dans le commentaire précédent le tien. C’est effectivement ça, totalement intraduisible, so German ;)
Le 1 mars 2006 à 12:34
Intraduisible sûrement mais l’expression “joie mauvaise” en français rend quand même pas mal l’esprit à mon avis…
Le 1 mars 2006 à 16:46
Bien fait!
Je ne suis pas méchant. Je ne souhaite pas de mal aux gens, encore moins aux gens “méchants” car je les oblitère de mes pensées vu qu’ils n’en méritent pas une seconde.
Mais bon de temps en temps je m’autorise une pensée mesquine quand survient u…
Le 2 mars 2006 à 19:26
Nikki > Ou l’expression “le malheur des uns…”
Le 14 septembre 2006 à 18:43
ne jamais prendre ce qui nous appartient pa. d’une facon ou d’une autre le vol seras toujours punis! te fair passé pour ce que tu n’est pas; un jour ou l’autre sa te ratraperas, jalousis met la ou tu le veut; c’est elle qui pourris notre monde si vieux. pr “Alice” (en gros les gens comme “Alices” il nous pourrissent la vie!!!! qu’ils dégadent!!:youpie:):smile: