Der Schauspieldirektor - Le directeur de théâtre

Année Mozart oblige, j’ai décidé de contribuer à ces réjouissances classiques en vous faisant découvrir (ou redécouvrir) une œuvre méconnue du Sieur Wolfgang, der Schauspieldirektor.

Composée en 1786 par un Mozart alors d’une prolixité rare, le directeur de théâtre est une œuvre méconnue et aujourd’hui très peu mise en scène pour diverses raisons. D’abord, le courant de l’histoire opératique a voulu que l’opera seria, le genre italien, prenne progressivement le pas sur le singspiel, pièce lyrique mélangeant chant et théâtre joué (comme c’est le cas dans l’enlèvement au Sérail ou dans la Flute Enchantée), ensuite, la forme peu commune de cette œuvre (à peine une demi-heure de musique et autant de théâtre) la rend incompatible avec le format habituel d’œuvres dépassant le plus souvent les deux heures.

L’histoire

Le directeur de théâtre Frank a reçu l’autorisation de monter une troupe à Salzbourg. L’acteur Buff lui recommande de monter de mauvaises pièces, car ce sont elles qui font les grands succès populaires. Son banquier lui accorde les fonds nécessaires à la condition que sa maîtresse, Madame Pfeil obtienne les premiers rôles. Arrivent Monsieur Herz et Madame Krone, acteurs, qui rejoignent la troupe.

Madame Vogelsang, elle aussi comédienne rejoint la troupe et réclame une prime supérieure à celle des autres comédiens. Au passage, elle présente son mari, Monsieur Vogelsang, un ténor. Monsieur Herz, de son côté, impose son épouse, Madame Herz, une soprano, qui chante un air et réclame une prime elle aussi plus élevée.

Arrive Mademoiselle Silberklang (timbre d’argent), soprano, qui sollicite aussi un poste et tente d’impressionner le directeur avec un air, se posant en rivale de Madame Herz. Les deux divas se querellent pour savoir à laquelle reviendraient les premiers rôles et par conséquent le cachet le plus élevé. Le ténor Vogelsang parvient à les calmer.

Indignée, Madame Pfeil réclame une augmentation de son cachet, ayant appris que les autres comédiens et chanteurs seraient mieux payés qu’elle. Le directeur de théâtre se voit dans l’obligation d’abandonner son projet, dépassé par les exigences pécuniaires des uns et des autres. Face à la nouvelle, tous reviennent sur leurs positions et acceptent de jouer et chanter pour moins, car avant l’argent, c’est la beauté de l’art qui compte.

Si l’histoire est légère, le sujet est à mon avis toujours d’actualité. Les opéras de Mozart se posent souvent des problématiques véritablement intemporelles, ce qui fait leur grande force et explique leur longévité et leur succès constant, et le directeur de théâtre, en dépit de son relatif anonymat, ne fait pas exception à cette règle. De la réflexion sur le gout populaire pour des œuvres de piètre qualité en passant par les chamailleries et les langue-de-putages sans oublier l’appât du gain au détriment de l’intérêt commun, on nage dans des thématiques des plus contemporaines. Quant à la musique, c’est une compilation de ce que le grand Mozart pouvait créer, difficultés techniques, virtuosité, mélodies entraînantes.

Place à la musique…


Ouverture


Ariette : Da schlägt die Abschiedsstunde (l’heure du départ sonne ici-même)
Madame Herz (Edita Gruberova)


Rondo: Bester Jüngling (Cher garcon)
Mademoiselle Silberklang (Kiri Te Kanawa)


Trio : Ich bin die erste Sängerin (c’est moi la première chanteuse)
Mademoiselle Silberklang, Madame Herz, Monsieur Vogelsang (Uwe Heilmann)


Vaudeville : Jeder Künstler strebt nach Ehre (chaque artiste a des ambitions)
Mademoiselle Silberklang, Madame Herz, Monsieur Vogelsang, Buff (Manfred Jungwirth).

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12 commentaires pour “Der Schauspieldirektor - Le directeur de théâtre”

  1. Nikki :

    Mais enfin Juju, tout le monde la connait cette oeuvre !!!
    Tu ferais mieux de nous parler du centenaire de la naissance de Chostakovitch ou du tricentenaire de la mort de Boyvin !!!

    PS : je ne poste que sur la musique car pour le reste, je risquerais d’être un peu trop acid dans ce monde de baby candy dolls (à part Charlene que je kiffe really :love:)

  2. Juju :

    Nikki > Quel spécialiste tu fais ! Mais je doute vraiment que tout le monde connaisse. Et puis tout le monde s’en fout du lyrique et se déchaîne en bavant sur ma vie sentimentale (faut dire que je tends le bâton pour me faire battre).

    Pour Charlène, stay online baby, y’aura des révélations choquantes demain.

  3. Nikki :

    Cool !!!
    Pour ce qui est de ta vie sentimentale, j’avoue que je m’en tamponne plutôt le coquillard (je vous donnais 3 ans au départ mais c’était avant de piger que ton mec faisait partie du bouillon (blogamical s’entend). Mille excuses je me permets car j’ai vu vu que Tina Turner t’avais pris en charge ; elle a l’air cool, un peu mozartkugel mais sensée faut pas cracher, c’est rare…

  4. Kozlika :

    J’admire la performance du commentateur/trice précédent. Cumuler une si grande délicatesse, assortie d’un hors sujet total le tout avec un charabia aussi limpide que “bouillon blogamical”, c’est un truc qui se travaille ou tu fais ça naturellement Nikki ?

  5. Juju :

    Nikki > Cf le commentaire de Kozlika, rien à ajouter.

    Kozlikette > Merci. Et votre invite au raindrocataire et toi n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. :calin:

  6. ecureuilgris :

    Mozart, trop léger à mon goût, mais il est vrai que j’ai commencé ma culture musicale par lui!
    Pour en arriver a Bohuslav Martinù!!! (plus dur quand même):cool:

  7. Nikki :

    Merci Madame Kozlika pour ton éloge : oui c’est mother nature qui m’a pourvu de tels dons. Je renouvelle une fois de plus toutes mes excuses si mes ellipses ont su froisser ta délicatesse. En tout cas tu as un très joli pseudo, très champêtre, qui fleure bon la valériane et le chevreau. Houla, je m’égare encore, charabia, hors sujet et tutti quanti. Dommage mais j’ai compris : je m’eclipse et ne reviens plus ! Bises à vous.

  8. Oli :

    Tiens, hasard amusant, je suis tombé dessus ce midi et j’étais tout intrigué par ça. Je pensais que c’était un CD sur Mozart, sa vie son œuvre :-D

  9. Juju :

    Ecureuilgris > C’est qui ?

    Oli > Les grands esprits se rencontrent.

  10. Didier :

    Ouf, tout est bien qui finit bien!

    A sortir ainsi l’opéra de son carcan, tu vas finir par te faire gronder… C’est presque commencé à ce que je lis.
    :nerveux:

  11. Juju :

    Didier > Je prends le risque !

  12. ecureuilgris :

    Bohuslav Martinù : auteur-compositeur de musique contemporaine- 1890-1959 d’origine Tchèque.
    de renommée mondiale tel que dvoràk, smetana ou encore janàcek.
    A découvrir en premier: The mémorial to Lidice (Lidice, petite ville tchèque martyr de la seconde guerre mondiale dans le même genre qu’Oradour sur Glane)
    puis si tu adhère au style du compositeur, tu pourras toujour continuer avec: Gilgamesh, qui retrace l’épopée de Gilgamesh Babyloniènne, l’un des premier tyran de Babylone, une oeuvre de composition vocale et musicale tout simplement géniale!
    bon j’arrête là, car son oeuvre est immense, et mérite que l’on s’y intérresse!:smile:

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