Arena de Gengoroh Tagame ou l’art du snuff manga

J’ai profité de mon passage à Paris lors de mon dernier week-end pour faire un tour aux Mots à la Bouche, où je sais que je trouve mes bédés favorites dont je ne loupe pas un volume. Il y a quelques années, j’ai découvert un mangaka du nom de Gengoroh Tagame, dont les ouvrages commencent à être publiés en France. Il existe pléthore de mangas érotiques, mais Tagame se distingue des autres dessinateurs par une qualité du trait exempte de tout reproche et un style qui déroge aux règles du manga homo (on parle de yaoï) où les personnages sont généralement masculins pour les actifs, féminins pour les passifs, répondant donc à des codes très précis. Chez Tagame, tous sont virils, poilus, et pas nécessairement limités à un rôle précis, une sorte de Tom of Finland au pays du soleil levant.

J’ai adoré son premier manga publié ici, Gunji, des histoires qui tirent franchement sur le SM ou la domination, mais qui restent bon enfant et c’est avec impatience que j’attendais la sortie d’Arena, son nouvel opus.

Le graphisme est fidèle au style de l’auteur, précis, et plaisant, mais au lieu de déclencher quelque vague concupiscente en moi, c’est plutôt une sensation nauséeuse qui eut tôt fait de m’envahir dès la fin de la lecture de la première des six histoires que compte le manga. Sans trop rentrer dans le détail, c’est l’histoire d’un karatéka qui rentre dans un réseau secret de combats clandestins où le perdant subit les assauts sexuels du vainqueur. Il ignore que ses adversaires sont dopés avec une substance qui décuple leur force et leur libido tout en leur retirant leur conscience et leur libre-arbitre.

L’histoire aurait pu se transformer en joyeuse partouze et sombre finalement dans le snuff, le personnage subissant maintes mutilations, tortures que je ne décrirai pas (achetez le bouquin) et perd toute conscience, victime d’expérimentations atroces et de viols répétés.

La seconde histoire est plus légère, mais les suivantes sont du même accabit que la première et on referme le bouquin avec une forte sensation de mal de mer et la perspective d’un régime un peu forcé. Bien sûr, ces sujets reprennent des codes de l’érotisme japonais dont on sait qu’il surfe volontiers sur des thèmes de viol, torture, domination-soumission, voire scatologie ou amputation, mais le dessin de Tagame développe ces thèmes à l’extrême et provoque un réel malaise (ou alors je suis une petite nature) tant les représentations de la souffrance sont efficaces et oppressantes.

A lire donc si vous voulez découvrir une forme d’érotisme qui tient plus de l’expérimentation et un graphisme presque à la croisée des styles japonais et européen, à éviter si vous cherchez quelque chose pour stimuler votre libido où vos expériences onanistes.

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13 commentaires pour “Arena de Gengoroh Tagame ou l’art du snuff manga”

  1. Roméo :

    Je te rejoins entièrement….

  2. eustazio :

    “Je te rejoins entièrement….”

    huhu

    non mais sinon je peux pas parler du livre je l’ai pas lu ! :mrgreen:

  3. Margondin :

    Mais pourquoi ils ont mis Wam en couverture..?? Je ne le savais pas héros de manga..

  4. Juju :

    Eustazio > Hu hu hu

    Margondin > MDR !
    :victoire:
    Et si tu voyais tout ce qui lui arrive dans l’histoire…

  5. QUEEN OF SHEBA :

    Je pense que cette littérature n’est pas pour moi, je suis un peu chochotte:mrgreen: mes yeux se ferment devant tant de turpitudes étalées.:twisted:
    En revanche pour Charlène certaines de ces pratiques sont courantes:mrgreen:

  6. cleve :

    Le genre de trucs qu’on offrirait à Noël au Dr Mengele…

  7. Yael :

    Ouhla, voila une BD que je ne lirai point.

    Et non, Juju, t’es pas une petite nature ;)

  8. Didier :

    Hum, comme s’il n’y avait pas assez d’horreurs dans la tv. On ne peut plus ouvrir le poste sans tomber sur un cadavre, une fusillade ou une explosion… :neutral:

  9. maribe :

    c’est pas en guyane que je vais trouver ce genre de lecture… encore 3 mois a attendre donc avant de me refaire un stock culturel… sauf vos dons :wink:

  10. wam :

    je ne porte pas de gants rouges …
    (le kimono … en revanche …)

  11. Margondin :

    à Wam : Dommage, tu serais encore plus sexy avec des gants rouges (en dentelle comme Madonna période “Like a Virgin”)

  12. Easy :

    un peu tard pour la remarque mais Gengoroh Tagame est le dessinateur pas le titre:sorryyyy:

  13. Easy :

    bon…ok ça m’apprendra à lire trop vite…respect.:mad:

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