Le marché de la faim (we feed the world)

Si vous n’allez voir qu’un film, c’est celui-là (cf. titre de l’article).

Aujourd’hui, on produit de la nourriture pour 12 milliards de personnes, nous sommes plus de six milliards, mais
- 850 millions souffrent de malnutrition et de faim,
- plus 1,7 milliards sont obèses.
(Cherchez l’erreur…)
Par nos choix, nous influons sur la production, la gestion de l’environnement et le sort des communautés rurales. Le désastre environnemental ne résulte pas seulement de ceux qui produisent, mais aussi de ceux qui consomment de façon irresponsable : nous, consommateurs, sommes complices du crime environnemental.
L’acte de se nourrir fait partie intégrante de la filière de production. Le consommateur doit donc se redéfinir comme coproducteur. Et l’agriculteur responsable doit avoir à coeur le goût du produit.

Si vous voulez encore changer la donne, consommez “engagé”.

Refusez de cautionner l’alimentation insipide et l’esclavagisme moderne : stop aux tomates d’Espagne et de Hollande (même pas bonnes, en plus), aux fraises importées hors saison (même pas bonnes non plus), à la viande à tous les repas (on en mange trop par rapport à nos besoins, cot cot meuh meuh).

Savez-vous qu’un fruit importé hors saison (fraises, tomates, concombres, etc) consomme pour son TRANSPORT -uniquement- 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison: 1 kg de fraises d’hiver peut nécessiter jusqu’à près de 5 L de gasoil pour arriver dans votre assiette (en dessert, vous prendrez bien une petite coupe de fraises au gasoil ?).
Ne parlons pas (dans cet article) des conditions dans lesquelles ces fruits sont produits (pollution des sols) et récoltés (conditions de travail honteuses), ni de l’énergie nécessaire pour chauffer les serres ou les alimenter en lumière, etc.

Si chacun de nous ne faisait qu’un seul “petit” geste dans ce sens par semaine, nous entrerions dans un cercle vertueux. Allez, un seul petit geste, c’est pas si dur (allez, deux, va… tant qu’on y est).
Nous pouvons encore décider de ne plus acheter ces produits. Et par là, obliger de nouveaux modes de productions à émerger. Mettons au profit d’une bonne cause (nos papilles et nos campagnes) une phrase tristement célèbre : Ensemble, tout devient possible.

A toutes les autruches strasbourgeoises qui disent qu’il est plus cher, moins pratique de faire des choix éclairés… voici une solution écologique, économique et solidaire :
6,5 € /semaine pour des légumes bio cultivés par des personnes en réinsertion, là : http://www.asso-jmv.com/.

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14 commentaires pour “Le marché de la faim (we feed the world)”

  1. Zanzi :

    Merci Stella. Avec ta permission, je diffuserais volontiers ce billet autour de moi. :fleurs:

  2. Miz :

    Pour Paris et sa périphérie !

    http://www.campanier.com/

  3. Johaaann :

    Je me suis toujours demandé si les consommateurs de bio ou de commerce équitable ne le faisaient pas pour se déculpabiliser, quelque part… Ceci dit l’initiative prise pour (ou par) les personnes en réinsertion est louable! Hélas, on n’a pas la chance d’en avoir partout…

  4. Queeny :

    il faudrait apprendre aux gens à bien manger, et à bien nourrir leurs enfants..je suis scandalisée par le nombre d’enfants obèse dès le plus jeune age, ou par mes collègues qui ne mangent ni fruits ni légumes. Je remarque souvent quand je suis que certains parents donnent des chips uaz gouter à leurs enfants:mouais: tu as raison manger des produits sains et de saisons ne coutent pas plus cher..

  5. Daniel :

    Voilà une peur que je connais bien. J’ai même mis une anthologie en chantier avec des agronomes et des écrivains de SF pour imaginer concrétement les différents avenirs à court terme (2050) de ce que nous allons manger. Le résultat est plutôt très noir.
    Ce n’est pas de la pub déguisée, l’ouvrage a plus de deux ans et s’est très bien vendu alors…
    Et puis, ça montre que nous sommes sur ce blog inquiets.

    http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=374&ida=6458
    http://www.yodawork.com/webcc/sog_dec/notice_reference.html?F_ean13=9782707145864&X_param=EP

    :calin:

  6. fcrank :

    j’aime bien quand tu fais Jean-Pierre Coffe aussi ;-)

  7. hlys :

    DONC si je te suis bien et me mue en consommatrice responsable, je ne devrais consommer que des produits locaux… Certes. Cependant deux points me turlupinent:
    - me faut-il préférer les oeufs bio importés de Hollande ou les oeufs de batterie provenant d’Allemagne (d’ailleurs “Allemagne, si ils viennent de Leipzig ces oeufs, ça fait pas mal de transport aussi) ?
    - …je ne peux me résoudre à acheter de la viande de boeuf allemande (”elle vient d’où, votre viande?” “d’Allemagne” “oui mais d’OU?” “ben, d’Allemagne”) si je trouve dans le supermarché voisin une belle tranche de bavette avec une petite étiquette et toutes les indications de provenance… française. Aaaargh de la viande d’importation!

  8. Juju :

    Je vous rappelle pour ceux ou celles qui ne l’auraient pas vu que c’est Stella qui a écrit ce post, mais que je la rejoins en tous points.

    Syhl, tu as raison, mais, je pense qu’on peut choisir le moindre mal, produit “local” venant de l’autre bout du pays sera peut-être moins nocif pour l’environnement que le même venant de plus loin.

  9. Philoo :

    Pour bien manger il faut aussi faire le marché et éviter les produits achetés en supermarché ainsi que ceux manufacturés. Que ce soit bio ou non, ce qu’il faut c’est qu’ils soient produit localement. Yves Cochet l’a magnifiquement démontré : il faut relocaliser l’économie en évitant à un produit de traverser 4 fois l’Europe avant d’atterrir dans nos assiettes.

  10. Didier :

    Ah, si c’était si simple.

    Malheureusement, tout est mis en oeuvre pour faire consommer dans le sens du marché, celui qui va rarement dans le sens de l’intelligence.

    Et-puis, pour bouffer local, faut avoir de sacrés moyens, peut-être en travaillant plus pour gagner plus… :mrgreen:

    Faudrait déjà relancer les coopératives mais ce n’est pas du tout dans l’air du temps, trop “gauchiste” diront certains.

    L’agriculture française a été lapidée au cours des cinquante dernières années et je ne vois pas trop comment nous pourrions revenir en arrière. Il faudrait démonter tout un arsenal de normes et d’appellations (la grande difficulté actuelle n’est pas de produire mais d’avoir le droit de vendre), récupérer des surfaces fertiles en s’assurant qu’elles sont encore saines (l’agriculture intensive détruit les sols), revoir intégralement l’occupation des sols (tout ne pousse pas bêtement partout et la politique locale n’a eue de cesse que de bâtir aux endroits cultivables), créer des réseaux de récupération et d’adduction d’eaux pluviales et de ruissellement (Faudra certainement nettoyer cette eau car elle est vraiment dégueu, trop chargée en souffre et en azote sinon d’autres trucs encore moins ragoûtants, hydrocarbures, souvenez-vous de Tchernobyl, ce n’est pas parce-qu’on parle plus des pluies acides qu’elles n’existent plus), retirer le marché grainetier des mains des scientifiques (revenir à une sélection contrôlée par la qualité du produit final et non par le gain de productivité), refuser les solution phytosanitaires sortant des laboratoires (l’utilisation de pesticides, insecticides, désherbants et traitements post-récolte, engrais chimiques actuels détruisent la valeur nutritive des produits), etc…

    Et là, je ne parle que pour les végétariens, la filière viande n’a rien à envier aux fruits et légumes. Surtout que tout est lié, si on supprime l’apport d’engrais chimiques, va en falloir du caca de bonne qualité pour remplacer.

    Sans vouloir être pessimiste, je ne vois pas comment on pourrait inverser la vapeur après tant d’années à confier les activités principales de l’humain aux docteurs Follamours planétaires.

    Les initiatives locales sont les bienvenues mais elles sont malheureusement systématiquement vouées à l’échec. Pourquoi? Euh-bien parce-qu’elles sont à contre-sens de l’essor actuel et n’ont aucune autonomie propre, elles dépendent de subventions et primes qui, comme on le sait, peuvent s’envoler du jour au lendemain dés qu’elles auront servies des causes (ou des gens) à la mode. Pour le comprendre, il suffit de voir le regard moqueur et presque méprisant des “gagnants” des dernières présidentielles sur les “petits” candidats(de gauche de préférence). Ces gens sont à :gerbe: .

  11. Guest :

    … pour répondre à la dernière “tirade”… Subventions et primes sont le résultats de politiques, qui sont adoptées par les gens que NOUS élisons (enfin, parfois, c’est ceux qui se lèvent le plus tôt qui élisent…). Notre responsabilité ne s’arrête pas à manger bio, local, ou autre, il faut se responsabiliser globalement (politiquement, socialement, etc).
    Par ailleurs, il est évident qu’en ne faisant RIEN, nous avons toutes les chances d’obtenir… RIEN. Donc, je suis pour l’action. Il n’y a pas de “petits” gestes.

  12. flo :

    très beau film, Jean Ziegler publie aussi le livre éponyme chez actes sud (sur leur site, on peut lire u nextrait de ce livre et cliquer sur le site de we feed the world).

    “Notre pain quotidien” est à voir aussi.

    Le premier acte de socialisation est la nourriture. Aujourd’hui, c’est le premier geste politique.

  13. flo :

    oups
    le livre est écrit par Erwin WAGENHOFER et Max ANNAS (extraits plus dispos sur le site d’Actes Sud)

    le lien vers le site est :
    http://www.le-marche-de-la-faim.fr/

  14. Oli :

    “plus 1,7 milliards sont obèses.” ??
    Ça veut dire que le quart des Terriens est obèse? Un quart, c’est déjà le taux aux USA. L’Europe fait moins. J’ai du mal à croire que les autres continents fassent plus!

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