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	<title>I love Juju &#187; Souvenirs</title>
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	<description>Swimming with sharks, dancing with flamingos!</description>
	<pubDate>Sat, 10 May 2008 14:42:44 +0000</pubDate>
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		<title>Vous souvenez-vous du Télécran ?</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Aug 2006 21:01:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Flashback, réminiscence et pic de mémoire, j&#8217;ai retrouvé un souvenir, celui du Télécran. Si vous avez moins de dix-huit ans et que vous êtes tombés sur ce blog lors d&#8217;une recherche de porno sur google, vous risquez de ne pas comprendre de quoi je vous parle. Les autres, il y a de fortes chances pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Flashback, réminiscence et pic de mémoire, j&#8217;ai retrouvé un souvenir, celui du Télécran. Si vous avez moins de dix-huit ans et que vous êtes tombés sur ce blog lors d&#8217;une recherche de porno sur google, vous risquez de ne pas comprendre de quoi je vous parle. Les autres, il y a de fortes chances pour que vous voyiez de quoi je parle, oui, oui, de ce magnifique écran à cristaux liquides sur lequel on pouvait dessiner des formes à l&#8217;aide de deux boutons ronds permettant de déplacer le trait horizontalement et verticalement.</p>
<p>J&#8217;étais le plus heureux des gamins le jour où ma grand-mère (qui a fêté ses quatre-vingt quatre ans il y a peu de temps) m&#8217;en avait offert un. Je rêvais de dessins féériques et de tableaux de maître sur mon petit écran magique. Sincèrement, j&#8217;étais nul, mais j&#8217;y croyais dur comme fer.</p>
<p>A l&#8217;heure actuelle, il doit trainer dans le grenier chez mes parents, et je ne vais pas résister au bonheur de retourner tout le fatras jusqu&#8217;à ce que je remette la main dessus et constate douloureusement que je suis toujours aussi mauvais qu&#8217;à mes huit ans. Je le secouerai vigoureusement pour faire disparaître mon gribouillis et je contemplerai l&#8217;étendue de mon incapacité artistique pendant que d&#8217;autres, certainement trentenaires au minimum, exposent sur le web les trésors de leur enfance talentueuse.</p>
<p>Création de Stéphane Lallemand</p>
<p><img src="http://ilovejuju.free.fr/images/telecran.jpg" alt="" /></p>
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		<title>La mort de Charmaine S. - Culpabilité</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Jun 2006 08:30:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

		<category><![CDATA[Tritouillage de cervelle]]></category>

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		<description><![CDATA[Juillet 2001
Je travaille dans un centre de langues situé en Allemagne avec Wrenly Rose pour la deuxième année consécutive. Elle est sur le départ. Les relations avec la patronne se sont dégradées et Wrenly Rose, qui était chef d&#8217;équipe, a été rétrogradée au profit d&#8217;une femme du nom de Charmaine.
Je ne m&#8217;entends pas vraiment avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Juillet 2001</em></p>
<p>Je travaille dans un centre de langues situé en Allemagne avec <a href="http://www.i-love-juju.com/index.php/archives/2006/03/15/le-secret-de-wrenly-rose/">Wrenly Rose</a> pour la deuxième année consécutive. Elle est sur le départ. Les relations avec la patronne se sont dégradées et Wrenly Rose, qui était chef d&#8217;équipe, a été rétrogradée au profit d&#8217;une femme du nom de Charmaine.</p>
<p>Je ne m&#8217;entends pas vraiment avec Charmaine, je la trouve bête. Elle n&#8217;est qu&#8217;un pion placé là par la patronne qui ne cherche qu&#8217;une boniche disant &#8220;oui&#8221; et &#8220;amen&#8221; à tout. Charmaine est un peu maladroite, un peu malhabile. Je ne cherche pas vraiment à la connaître plus que ça. Wrenly et moi l&#8217;avons surnommé &#8220;la Pintade&#8221;. C&#8217;est méchant, mais ça lui va plutôt bien. </p>
<p><em>Avril 2006</em></p>
<p>Charmaine S. est en retard. Elle file avec la voiture d&#8217;entreprise du centre de langues. Un moment d&#8217;inattention, et elle se retrouve coincée entre deux camions. Elle pile. Le camion de derrière la percute et l&#8217;écrase contre le camion de devant. La voiture prend feu. Charmaine S. meurt.</p>
<p>Je ne sais pas comment accueillir la nouvelle. Je suis partagé, et en partie honteux, je dois bien l&#8217;admettre. J&#8217;ai cette idée totalement ridicule, un peu comme la théorie du battement d&#8217;aile du papillon, que si j&#8217;avais fait l&#8217;effort de la connaître, et qui sait, de l&#8217;apprécier, elle serait encore en vie à l&#8217;heure actuelle. Un détail, un coup de fil, une soirée, un mail, un petit rien aurait fait qu&#8217;elle serait partie deux minutes avant ou après, ou pas du tout. </p>
<p>Je vis mal avec un sentiment qui est la marque d&#8217;un passé où je jugeais sans connaître, où je rejetais, probablement parce que j&#8217;étais moi-même l&#8217;objet de rejets que je ne savais pas gérer. Charmaine S. me renvoyait certainement l&#8217;image paumée de ce que j&#8217;étais alors, et je lui en voulais pour cela.</p>
<p>C&#8217;est très con de vouloir resusciter des morts. C&#8217;est dommage de les avoir ignorés de leur vivant. Elle ne me manquera jamais. Et ça me rend plutôt triste&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les hannetons de l&#8217;été</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jun 2006 04:11:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Soirée chez Savannah qui inaugure son bel appartement avec terrasse siouplait en petit comité, quelques amis, dont la pétillante Stella et moi-même. Ca se raconte les dernières histoires de fesses, qui a fait une saloperie à qui, qui est un gros con et pourquoi les signes du zodiaque, c’est un truc vachement sérieux. Je lève [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Soirée chez Savannah qui inaugure son bel appartement avec terrasse siouplait en petit comité, quelques amis, dont la pétillante Stella et moi-même. Ca se raconte les dernières histoires de fesses, qui a fait une saloperie à qui, qui est un gros con et pourquoi les signes du zodiaque, c’est un truc vachement sérieux. Je lève les yeux. Une drôle de bestiole vole au-dessus de notre table. Trop gros pour être un bourdon, pas assez tropical pour être un colibri. C’est un hanneton. Cela fait une éternité que je n’en ai plus vu. Ca me rappelle des souvenirs.</p>
<p><em>Eté 1989. J’ai dix ans. Tous les soirs, je rejoins ma voisine Sandrine, dix ans elle aussi et son petit frère Nicolas, six ans. Nous sommes armés jusqu’aux dents. Des épuisettes et des gros bocaux à conserves que Maman a bien voulu nous céder après d’âpres négociations. Nous les attendons de pied ferme. A la tombée de la nuit, ils seront là, comme chaque soir. </p>
<p>Une fois encore, ils répondent présent à l’appel, à la pelle devrais-je dire, tant ils sont nombreux. Des nuées de hannetons volent dans notre quartier. Nous courons dans le jardin et les capturons par dizaines. C’est à celui ou celle qui en aura le plus dans son bocal. Interdit de les tuer. On est des méchants nous, mais des méchants gentils. Nous sommes à bout de souffle. Sandrine trouve toujours le moyen d’en attraper un esquinté, un qui vole de traviole ou à qui il manque une patte. Elle s’apitoie. Elle fera sûrement du social quand elle sera grande. A la fin, nous ouvrons les bocaux, nous laissons la nuée de hannetons retrouver leur liberté, on aide celui qui a du mal à marcher à sortir du bocal et à prendre son envol. On est en nage. On est heureux.</em></p>
<p>Je pars. Sandrine bosse effectivement dans le social. Notre amitié enfantine s’est effacée, comme ont disparu les hannetons autrefois si nombreux. En chemin, je repense à ces moments d’insouciance alors que je longe les quais plutôt bien éclairés. La voiture immatriculée en Allemagne qui me précède s’arrête. Deux filles font le tapin. Une blonde un peu trop maquillée – c’est le métier qui veut ça – et une brune magnifique dans une belle robe rouge ; un beau visage slave, un port de tête altier, elle est superbe, elle ferait une Traviata magnifique si sa bouche s’ouvrait sur des notes au lieu de se fermer sur des bites. </p>
<p>Je l’imagine gamine, courant comme une dératée avec une bande de copains, quelque part au fond de la Pologne, de la République tchèque ou de l’Estonie, à tenter de capturer des insectes merveilleux qui sont comme des trésors. Je l’imagine se rappelant ses souvenirs, alors qu’un de ces insectes fabuleux se dessine dans la lumière d’un phare qui annonce le prochain client, la prochaine passe, un recommencement sans fin, pour un peu de fric, pour un passeport volé par un mac, pour un rêve d&#8217;enfant brisé, brièvement ranimé lorsqu&#8217;un de ces hannetons trop rares daigne se montrer&#8230;</p>
<p>PS : échange <strong><a href="http://www.i-love-juju.com/index.php/archives/2006/06/09/ce-soir-je-vous-montre-ma-mite/">mites</a></strong> contre hannetons !</p>
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		</item>
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		<title>Pellicule</title>
		<link>http://www.i-love-juju.com/index.php/archives/2006/03/27/pellicule/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Mar 2006 20:57:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[A trop ranger quand on emménage, on finit par tomber sur de vieilles choses, des cartes postales, des souvenirs amassés de ci de là, entassé dans une bric à brac monstrueux. Des photos aussi, beaucoup de photos, souvenirs d&#8217;une ère où l&#8217;image était matière, palpable, tellement matérielle que les traces de doigts lui donnaient un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A trop ranger quand on emménage, on finit par tomber sur de vieilles choses, des cartes postales, des souvenirs amassés de ci de là, entassé dans une bric à brac monstrueux. Des photos aussi, beaucoup de photos, souvenirs d&#8217;une ère où l&#8217;image était matière, palpable, tellement matérielle que les traces de doigts lui donnaient un cachet, une authenticité, de la matière enfermée dans de petits albums qu&#8217;on ouvre avec appréhension, parce qu&#8217;on ne sait plus trop ce qu&#8217;ils contiennent et qu&#8217;on a le coeur serré à l&#8217;idée de tourner les pages de souvenirs heureux ou douloureux.</p>
<p>Mais on y revient toujours, chaque fois avec un regard différent, le poids de l&#8217;expérience en plus, et on retrouve avec émotion les traces d&#8217;un passé à la fois si proche et si lointain. Sans nostalgie cette fois-ci, une page est véritablement tournée, j&#8217;ai envie de vivre au présent. De jolies photos, de jolis souvenirs&#8230; et une belle vie maintenant. Je ne peux pas regarder avec tristesses ces fossiles de mon bonheur passé, au contraire, ils sont les clefs de voute de mon bonheur actuel. Je peux les ranger entre les bouquins déjà lus et les vieux cahiers.</p>
<p>Alors que j&#8217;atteinds progressivement le fond du carton de bric à brac, dont les composants vont remplir, à part égale, mes étagères et un sac poubelle, un petit objet cylindrique capte toute mon attention. C&#8217;est une pellicule, un film noir et blanc pas développé. Impossible de savoir de quand il date, de 2004, voire d&#8217;avant. Une petite zone inexplorée de souvenirs et de moments passés. Que faire ? La développer ? La jeter et l&#8217;oublier. Je ne peux pas m&#8217;y résoudre. Dès que j&#8217;aurai une minute à moi, j&#8217;irai chez le photographe. Un peu de matière pour quelques bribes de passé&#8230;</p>
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		<title>Pedro, Alice et l&#8217;alcoolo de service</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Feb 2006 09:28:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Humour]]></category>

		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Puisque ce cher Chondre m&#8217;y invite avec tant de gentillesse, je ne peux que me plier à l&#8217;exercice ; raconter une histoire qui se termine par &#8220;bien fait pour lui/elle&#8221;. Au passage, je signale que les prénoms ont été changés pour garder le (relatif) anonymat des personnes concernées.
Tout commence pendant ma première deuxième année de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Puisque ce cher <a href="http://chondre.free.fr/blog/?p=171">Chondre</a> m&#8217;y invite avec tant de gentillesse, je ne peux que me plier à l&#8217;exercice ; raconter une histoire qui se termine par &#8220;bien fait pour lui/elle&#8221;. Au passage, je signale que les prénoms ont été changés pour garder le (relatif) anonymat des personnes concernées.</p>
<p>Tout commence pendant ma première deuxième année de fac. Alice et moi étions inséparables. Nous passions plus de temps entre bars, boites et soirées avec des potes qu&#8217;à bosser. Mais bon, ça sert à ça un DEUG de langues étrangères appliquées après tout. Alice était une vraie langue de pute. Nous adorions ça, tailler des costards à tout ce qui bougeait. Bon, à l&#8217;époque, on avait des looks de chiottes sapés comme des sacs poubelles, mais bon, on se voyait comme des gros winners de la laïfe, on se refait pas.</p>
<p>Le soir du Nouvel An 1998-1999, Alice emmena un de ses potes, Pedro. Joli garçon, je m&#8217;était dit qu&#8217;il aurait pu faire un excellent quatre heures. L&#8217;alcool aidant, nous nous retrouvâmes, Alice, Pedro et moi à nous faire de gros câlins sur le canapé de maman qui, heureusement, n&#8217;en su jamais rien. Nous eumes la merveilleuse idée de prolonger ce petit jeu quelques jours plus tard dans mon appartement strasbourgeois, tous les trois, nus sur mon lit.<br />
<span id="more-132"></span><br />
J&#8217;eus alors une révélation de l&#8217;ordre de celle qui font les apôtres et les saints du firmament. Pedro allait devenir l&#8217;homme de ma vie (et un magnifique plantage 6 ans plus tard). Je le savais, c&#8217;était une évidence. Malheureusement, j&#8217;eus ma révélation alors que j&#8217;avais le museau solidement plaqué entre les jambes d&#8217;Alice qui n&#8217;apprécia guère mon acte de foi. Une heure plus tard et une Alice furibarde sortie en trombe comme une diva conspuée sur scène, Pedro se montra digne d&#8217;être l&#8217;objet de mon amour. Trois fois de suite.</p>
<p>A partir de ce jour-là, qui scelle aussi la fin inéluctable de ma bisexualité, Alice jura ma perte. Bien sûr, elle n&#8217;en montra rien, fit en apparence preuve d&#8217;une abnégation sans faille et nous renouvela toute son amitié&#8230; tout en déversant sur le campus les pires immondices à mon encontre. </p>
<p>Les mois puis les semestres passaient. Ma relation avec Alice ne faisait qu&#8217;empirer. Comble du comble, elle sortait avec Lionel, un mec homophobe au possible dont le plus grand drame était que tout le monde le prenait pour un pédé. Nous étions alors étudiants en relations internationales. L&#8217;ambiance était plutôt merdique, il regnait une concurrence acharnée entre les étudiants et Alice ne manquait pas de me faire passer pour la dernière des ordures à chaque occasion.</p>
<p>En septembre 2001, nos routes se séparèrent. Nous restâmes en contact, malgré les prises de tête et les mesquineries. Alice me rendit même visite en Allemagne début 2003. En septembre 2003, Ricardo, mon premier amour entreprit de me retrouver. Je lui rendis visite et il me dit à quel point il était heureux de me revoir, croyant que j&#8217;avais disparu. Il me révéla alors avoir croisé Alice quelques semaines auparavant, laquelle lui dit que j&#8217;avais totalement disparu sans laisser de traces depuis septembre 2001 et que tout laissait à penser qu&#8217;on ne me reverrait plus jamais. J&#8217;était abasourdi.</p>
<p>Début 2004, Alice travaillait alors comme prof de Français dans une base militaire alsacienne. Le père de Pedro y travaillait également. Alice ne manquait pas de le saluer à chaque fois qu&#8217;elle le croisait, ponctuant ses intentions d&#8217;un &#8220;et comment va Pedro ? Toujours au chômage ? C&#8217;est dur alors que Juju travaille, lui.&#8221;, le tout agrémenté d&#8217;un sourire de pimbèche. Le père de Pedro, affecté par la précarité professionnelle de son fils ainé et notoirement homophobe et opposé à ma relation avec Pedro, restait sans réponse et se contentait de l&#8217;éviter.</p>
<p>Alors que je papotais avec Agatha, une de mes meilleurs amies, celle-ci me raconta être sortie quelques jours plus tôt avec Alice et sa bande de militaires (ça fait très titre de film de cul et attendez la suite). Après un restau, Agatha leur proposa d&#8217;aller boire un verre dans son bar préféré. Alice y coupa court, déclamant un solennel : &#8220;Tu sais, les soirées de beuverie avec Juju qui terminait à moitié à poil à danser sur une table complètement bourré et montrait son cul à tout le monde, c&#8217;est du passé. Je ne suis pas l&#8217;alcoolique de service moi !&#8221;</p>
<p>J&#8217;étais furax. C&#8217;est vrai, je me suis réveillé un paquet de fois avec la bouche pâteuse et ai constaté la disparition de plusieurs de mes sous-vêtements, mais de là à me faire une réputation pareille&#8230;</p>
<p>Justice divine ou concours de circonstances, quelques jours plus tard, Pedro débarqua hilare chez moi. Il me raconta que son père lui avait relaté que toute la base militaire était en émoi, suite à une soirée plutôt arrosée ou l&#8217;une des demoiselles en treillis de la base avait finie totalement nue sur un bar, bombardée des feux de flash d&#8217;appareils photo numériques de jeunes recrues en manque. Le comble était que les photos s&#8217;étaient retrouvées sur le web dès le lendemain et circulaient dans toute la base. Dans la foulée, la demoiselle, bien que casée depuis plusieurs années, s&#8217;était tapé un sergent connu pour être le queutard de service. La demoiselle en question n&#8217;était autre qu&#8217;Alice.</p>
<p>J&#8217;étais partagé, devais-je en sourire ou en pleurer. Ni l&#8217;un ni l&#8217;autre, j&#8217;ai juste appelé ma meilleure amie. Comment on dit déjà, &#8220;téléphone arabe&#8221; ?<br />
 <img src='http://www.i-love-juju.com/wp-includes/images/smilies/icon_mrgreen.gif' alt=':mrgreen:' class='wp-smiley' /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Abschiedsfeier</title>
		<link>http://www.i-love-juju.com/index.php/archives/2006/02/26/abschiedsfeier/</link>
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		<pubDate>Sun, 26 Feb 2006 15:24:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Elle est pas belle la laïfe?]]></category>

		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un de ces termes Allemands dont la traduction par &#8220;fête d&#8217;adieux&#8221; ne rend pas complètement justice à mon humble avis. C&#8217;était la mienne, mon Abschiedsfeier à moi. J&#8217;ai réuni une vingtaine de personnes, histoire de célébrer dignement mon abandon de la Bavière au profit d&#8217;une contrée bien moins germanique, l&#8217;Alsace, à grand renfort de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Encore un de ces termes Allemands dont la traduction par &#8220;fête d&#8217;adieux&#8221; ne rend pas complètement justice à mon humble avis. C&#8217;était la mienne, mon <em>Abschiedsfeier</em> à moi. J&#8217;ai réuni une vingtaine de personnes, histoire de célébrer dignement mon abandon de la Bavière au profit d&#8217;une contrée bien moins germanique, l&#8217;Alsace, à grand renfort de baffrage de quantités de nourriture énormes comme seuls des estomacs allemands (ou américains) sont capable d&#8217;ingérer. Et du champagne aussi, histoire de marquer le coup. Du &#8220;<em>Schlampagner</em>&#8221; comme s&#8217;amuse à dire Marion, intraduisible combinaison de <em>Champagner</em> (champagne) et <em>Schlampe</em> (salope). Tiens au passage, le mot <em>salopp</em> existe en Allemand, c&#8217;est un adverbe qui signifie décontracté(e).</p>
<p>Tout le monde était là, la rondouillarde rigolotte, la Samantha Jones de service adepte du SM et son retraité de mari, la vieille fille que l&#8217;adepte du SM surnomme tendrement <em>Oberschwester </em>(mère supérieure) et sa soeur divorcée, la cosplayer lookée trop staïle et sa bombe de mec (j&#8217;en bave encore), l&#8217;ex-héroïnomane mère de famille, l&#8217;entertaineuse de soirée et ses deux filles dont l&#8217;ainée de 13 ans a maintenant plus de poitrine qu&#8217;elle, la working-girl agent immobilier et son homme, on nageait en plein Sex and the City, avec des bières, des saucisses et un sale accent local en plus.</p>
<p>Juju aux fourneaux, Juju qui raconte ses conneries habituelles (émoustiller mais ne pas choquer, titiller sans déranger), Juju qui rit, Juju qui reçoit plein de cadeaux, Juju qui manque de pleurer, Juju qui avale deux coupes de champagne pour faire rerentrer les larmes à l&#8217;intérieur, Juju qui parle de son nouveau boulot, Juju qui parle presque en rougissant de son nouvel amour, Juju qui a quand même un peu peur qu&#8217;on l&#8217;oublie, Juju qu&#8217;on rassure à ce sujet là &#8220;un numéro comme toi, ça ne s&#8217;oublie pas, et prépare-toi à nous voir débarquer&#8221;. </p>
<p>La soirée touche lentement à sa fin alors que les invités regagnent leurs pénates avec les dents du fond qui baignent. Je reste seul avec Mareike et Birgit. Ma première soirée à Würzburg fin Juillet 2002, c&#8217;était avec elles deux, dans un bar <em>open-air</em> qui surplombait la ville et ses jolies lumières, on avait bu des caipirinhas géantes, on était bourrés, j&#8217;avais 23 ans, je ne savais pas ce qui m&#8217;attendrait dans ce monde improbable où j&#8217;essayais de me faire une petite place à moi, si on m&#8217;avait prévenu&#8230; bah, j&#8217;aurais signé quand même. La boucle est bouclée. Les gamines de Mareike dorment sur mon canapé. Je les ai connues mômes, elles se transforment en femmes, c&#8217;est beau et cruel en même temps, cet égrenage implacable du temps. </p>
<p>Il est trois heures, elles s&#8217;en vont, on échange quelques mots dans la cage d&#8217;escalier, juste assez longtemps pour que le vieux con du dessous tambourine sur sa porte de l&#8217;intérieur comme un damné et vocifère un truc qu&#8217;il a du entendre dans un discours troisième-reichien. On se regarde tous les cinq et on éclate de rire. Happy end.</p>
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		<title>L&#8217;amour intact</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2006 13:25:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Blogging]]></category>

		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;amour, l&#8217;amour, l&#8217;amour, le vrai, le seul, l&#8217;unique. Bon, les fleuristes ont bien le droit de faire un peu de chiffre d&#8217;affaire avec autre chose que les enterrements, la tradition de la Saint-Valentin a un sens indiscutable. Je ne sais pas si l&#8217;amour dure toujours, je suppose qu&#8217;il évolue, mute, se transforme, se renouvelle. Ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;amour, l&#8217;amour, l&#8217;amour, le vrai, le seul, l&#8217;unique. Bon, les fleuristes ont bien le droit de faire un peu de chiffre d&#8217;affaire avec autre chose que les enterrements, la tradition de la Saint-Valentin a un sens indiscutable. Je ne sais pas si l&#8217;amour dure toujours, je suppose qu&#8217;il évolue, mute, se transforme, se renouvelle. Ou meurt. </p>
<p>J&#8217;ai grandi dans une famille &#8220;normale&#8221; ; Papa-maman, grand-mères, grand-pères. Pourtant, enfant, je m&#8217;interrogeais sur le sens de ces unions qui me semblaient aussi indisolvables qu&#8217;une tache de vin rouge sur votre t-shirt favori. En particulier du côté de mon père. Mes grand-parents avaient mis en place, au fil des années, un mode de communication reposant sur une brimade réciproque permanente, jamais de mots doux, jamais d&#8217;attention, jamais de gentillesses, jamais de baiser. Des noms d&#8217;oiseaux, des vacheries, des cris. Ils faisaient lit à part (mais dans la même chambre) et cuisine à part (ma grand-mère refusait de cuisiner pour lui). Enfant, j&#8217;imaginais que tous les couples étaient voués à suivre cette évolution. J&#8217;imaginais que la nuit, en secret, il se retrouvaient, accolés dans le même lit. Rien ne vint jamais étayer cette thèse, ni l&#8217;infirmer par ailleurs, mon père se contentant d&#8217;un laconique &#8220;Tu sais, mon frère, ma soeur et moi, nous ne nous sommes pas faits tout seuls&#8221; qui entretint mes interrogations.<br />
<span id="more-121"></span><br />
A partir de ce jour-là, je passai mon temps à tenter de déceler le moindre signe d&#8217;affection chez eux. Ils m&#8217;ont donné du fil à retordre. Le point culminant était le sourire malicieux qu&#8217;ils s&#8217;adressaient quand ma grand-mère me racontait cette histoire, en s&#8217;attachant à imiter le plus fidèlement l&#8217;accent du sud-ouest natal de mon grand-père.</p>
<blockquote><p>C&#8217;était l&#8217;été 1941. Mes grand-parents étaient fiancés, mais ma grand-mère soupçonnait mon grand-père de continuer à voir Charlotte, une jeune femme qu&#8217;elle appelait invariablement &#8220;la pute&#8221; à chaque récit de cette histoire. Il niait fermement, mais elle était persuadée qu&#8217;il lui mentait. Il affirmait ne même plus lui parler. Ma grand-mère n&#8217;en croyait pas un mot. Un jour, ma grand-mère croisa Charlotte dans la rue. </p>
<p>- Marie Louise, comment vas-tu ?<br />
- Bien et toi Charlotte ?</p>
<p>A ce moment, un beau jeune homme passa à vélo à côté d&#8217;elles et sourit à pleines dents à ma grand-mère.</p>
<p>- Marie-Louise, tu le connais ?<br />
- Oui, répondit-elle, alors qu&#8217;elle ne le connaissait ni d&#8217;Eve ni d&#8217;Adam.<br />
- Comme il est beau. Vous avez rendez-vous ?<br />
- Nous allons au bal demain soir.</p>
<p>Le lendemain soir, ma grand-mère quitta le restaurant où elle travaillait. Chaque soir, mon grand-père l&#8217;attendait à la sortie. Contrairement à son habitude, elle quitta le restaurant par la cour arrière et lui posa un lapin. Le lendemain soir, comme si de rien n&#8217;était, elle alla rejoindre mon grand-père après son travail.</p>
<p>- Alors, tu étais où hier soir ? Je t&#8217;ai attendu pendant une heure, je suis rentré et le cuistot m&#8217;a dit que tu étais déjà partie ?<br />
- J&#8217;étais fatiguée, je suis rentrée me coucher.<br />
- Vraiment ?<br />
- Oui !<br />
- Et le beau jeune homme à vélo qui t&#8217;a donné rendez-vous au bal ?<br />
- Et la pute à qui tu ne parles plus ?</p>
</blockquote>
<p>J&#8217;ai entendu cette histoire des dizaines de fois, sans jamais m&#8217;en lasser. Le regard qu&#8217;ils s&#8217;échangeaient à la fin était si complice, que je me plaisais à croire que malgré les horreurs qu&#8217;ils se disaient, profondément, leur amour était resté intact.</p>
<p>Début décembre 2002, mon grand-père est mort, après une longue maladie. En petit comité, nous nous sommes rendus aux pompes funèbres. Nous voulions le voir une dernière fois. Je ne regrette pas ce moment qui reste un des plus poignants de mon existence. Au-delà de ma tristesse, de ce désespoir d&#8217;avoir perdu un être cher qui me broyait le ventre, j&#8217;ai eu la réponse à ma question, après pas loin de vingt ans d&#8217;attente.</p>
<p>Alors que nous nous apprêtions à quitter la salle où reposait le cercueil ouvert, ma grand-mère se pencha sur le corps sans vie de mon grand-père et déposa un baiser sur ses lèvres, murmurant un presque inaudible &#8220;je t&#8217;aime&#8221; que je fus peut-être le seul à entendre.</p>
<p>J&#8217;avais enfin la réponse à ma question. Il est des amours qui traversent le temps, qui restent intacts, malgré l&#8217;amertume, malgré la routine, malgré le quotidien pas toujours rose. </p>
<p><font color=#FF0066>Joyeuse Saint-Valentin à toutes et tous.</font></p>
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		<title>Conversations with deaf people</title>
		<link>http://www.i-love-juju.com/index.php/archives/2005/10/22/conversations-with-deaf-people/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 Oct 2005 12:48:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[- J&#8217;ai croisé Valérie en ville.
- Valérie?
- Du jardin d&#8217;enfants.
- Ah, tu lui as parlé ?
- A cette conne qui avait invité tout le monde à son  mariage sauf toi ?
- Merci de me rappeler ce détail, je l&#8217;avais oublié. 
[&#8230;]
- Au fait Maman, tu sais que Pascal N. mon ancien prof de badminton [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>- J&#8217;ai croisé Valérie en ville.<br />
- Valérie?<br />
- Du jardin d&#8217;enfants.<br />
- Ah, tu lui as parlé ?<br />
- A cette conne qui avait invité tout le monde à son  mariage sauf toi ?<br />
- Merci de me rappeler ce détail, je l&#8217;avais oublié. </p>
<p>[&#8230;]</p>
<p>- Au fait Maman, tu sais que Pascal N. mon ancien prof de badminton s&#8217;est noyé dans sa piscine ?<br />
- Celui qui avais dit que tu étais incapable de t&#8217;intégrer et qui t&#8217;avais interdit de jouer ?<br />
- Non, l&#8217;autre.<br />
- Ah. Et tu te rappelles, le dernier jour tu voulais même pas y retourner.<br />
- Non, je ne m&#8217;en souvenais pas.</p>
<p>[&#8230;]</p>
<p>- Tiens, en allant sur la tombe de pépé, j&#8217;ai vu celle de Monsieur H.<br />
- Ce vieux con qui se moquait toujours de toi parce que t&#8217;étais gros quand t&#8217;étais gamin. Il disait que t&#8217;avais des seins.<br />
- Ca te dérange si je mets la musique plus fort Maman ?<br />
- Non, vas-y.<br />
- Merci.</p>
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		<title>La bosse des maths</title>
		<link>http://www.i-love-juju.com/index.php/archives/2005/10/17/la-bosse-des-maths/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Oct 2005 10:55:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Juju</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Humour]]></category>

		<category><![CDATA[Souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Entre les joyeux problèmes pas solubles (enfin pour moi) d&#8217;Etienne, les cours de soutien de Miko et les TD de l&#8217;adorable °g°erboise, les mathématiques font leur apparition, comme un spectre surgi du passé, dans ma sphère blogosphérique. 
Je t&#8217;aime
moi non pl&#8230; en en fait non, je te hais.
Entre les maths et moi, ça a toujours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Entre les joyeux problèmes pas solubles (enfin pour moi) d&#8217;<a href="http://sozorogami.hautetfort.com/archive/2005/10/05/histoire-de-couples.html">Etienne</a>, les cours de soutien de <a href="http://mikovanille.free.fr/index.php?p=179">Miko</a> et les TD de l&#8217;adorable <a href="http://gerboise.canalblog.com/archives/2005/10/15/896920.html">°g°erboise</a>, les mathématiques font leur apparition, comme un spectre surgi du passé, dans ma sphère blogosphérique. </p>
<p><em>Je t&#8217;aime<br />
moi non pl&#8230; en en fait non, je te hais.</em></p>
<p>Entre les maths et moi, ça a toujours été plutôt compliqué, même si jusqu&#8217;à la classe de quatrième, tout allait idylliquement. Il fallut l&#8217;intervention d&#8217;une certaine Madame F. harpie gorgonesque et accessoirement terreur en géométrie. Madame F. appartenait à cette race de professeurs aujourd&#8217;hui éteinte ou se déplaçant exclusivement en fauteuil roulant ou déambulateur, qui jugeait qu&#8217;il fallait terroriser les élèves pour leur inculquer les maths. Pour ce faire, elle ne se séparait jamais de sa longue règle en bois d&#8217;un mètre de long dont elle se servait -doux prétexte-  pour tracer de jolies droites à la craie au tableau, mais qu&#8217;elle gardait en réalité sous la main pour la claquer violemment sur la table, imposant un silence d&#8217;enterrement en une fraction de seconde.  <span id="more-30"></span></p>
<p>A l&#8217;époque, je trainais avec Myriam. Myriam, teinte en rouge et plutôt vulgaire, Myriam, nulle en maths, Myriam qui envoyait chier les profs, Myriam, qui n&#8217;était plus vierge et le criait haut et fort. Comme Madame F. avait décidé que Myriam était une sorte de Bonnie Parker qu&#8217;elle avait pour mission d&#8217;anéantir, je me suis bien malgré moi retrouvé propulsé dans le rôle de Clyde Barrow. A partir de ce moment-là, mes notes se réduisirent toutes à un seul chiffre (ou deux, mais dans ce cas, il y avait toujours une virgule assassine qui les séparait). </p>
<p>Mes parents, alarmés par cette brusque chute de mes résultats se donnèrent pour mission de m&#8217;aider à préparer mes travaux à la maison. Sans grand résultat si ce n&#8217;est quelques dialogues pas piqués des hannetons.</p>
<p><em>Moi : - Maman, Papa, Madame F. m&#8217;a encore collé une note sous la moyenne au dernier devoir de géométrie.<br />
Ma mère : - Mais je comprends pas, ton père t&#8217;avait aidé !<br />
Mon père : - C&#8217;est quoi ce bordel ??? C&#8217;était de la géométrie, j&#8217;étais super fort en géométrie à l&#8217;époque.<br />
Ma mère : - Et t&#8217;as eu quoi comme note ?<br />
Moi : - 3,5 !<br />
Ma mère : Hi hi hi, tu vois chéri, au moins, la fois où c&#8217;est moi qui ai aidé Juju, il a eu 7,5 !<br />
Mon père : - On va aller la flinguer cette vieille peau !</em></p>
<p>L&#8217;année de troisième ne fut guère mieux, Madame F. étant à nouveau ma prof de maths. Malgré un 16/20 au brevet, la haine des maths s&#8217;était ancrée en moi.</p>
<p>Les deux années qui suivirent furent relativement pépères. La terminale allait être un cauchemar. Monsieur F. (pas le mari de madame F. non, je le soupçonne d&#8217;ailleurs d&#8217;être toujours vierge), 1m70, 55 kilos à tout casser, une terreur, un regard tellement glacial que la plupart des élèves étaient incapables de le soutenir. En plus, nous étions des &#8220;ES&#8221;, donc sans grand intérêt pour lui, si ce n&#8217;est la joie indicible qu&#8217;on pouvait lire sur son visage lorsqu&#8217;il parvenait à faire pleurer une élève après l&#8217;avoir cuisinée au tableau et tournée en ridicule. Même chose à l&#8217;écrit, mes copies m&#8217;étaient restitués garnies de traits rouges dans tous les sens et parés de jolis commentaires du style &#8220;<em>N&#8217;importe quoi !</em>&#8220;, &#8220;<em>Mon Dieu !</em>&#8220;, &#8220;<em>Vous êtes sûrs que vous ne seriez pas mieux en L ?</em>&#8220;, &#8220;<em>Achetez-vous un cerveau !</em>&#8220;, &#8220;<em>Retournez en première !</em>&#8221; et j&#8217;en passe. </p>
<p>Tout le monde en prenait pour son grade, y compris les meilleurs sur lesquels il s&#8217;acharnait avec d&#8217;autant plus de plaisir qu&#8217;il savait qu&#8217;il arriverait à les coincer, aussi talentueux fussent-ils. Tous sauf Sophie, une blonde un peu rondelette et guère douée en maths, mais dont la simmilitude avec Monsieur F. était ce regard glacial et perçant qui vous donnait l&#8217;impression d&#8217;être dépecé vivant.</p>
<p>A chaque fois que Monsieur F. s&#8217;adressait à un élève, c&#8217;était en beuglant. Il beuglait aussi après Sophie, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elle lève les yeux dans sa direction. Après quoi il se plaçait invariablement à côté d&#8217;elle et lui expliquait le problème avec une voix angélique jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elle soit à même de le résoudre. Puis il passait à Estelle, la voisine de Sophie, retrouvait instantanément son ton habituel et l&#8217;enguelait comme un vieux bout de poisson pourri. </p>
<p>Christine, ma voisine et future mention très bien au bac avait observé le petit manège de Sophie et s&#8217;était mise en tête qu&#8217;elle aussi pourrait, à son tour, lancer des regards glacés à Monsieur F. L&#8217;expérience nous montra que ce genre de talents était inné et ne pouvait aucunement s&#8217;apprendre.</p>
<p><em>- (en beuglant) Alors Christine, vous avancez, on va pas y passer l&#8217;heure sur ce problème.<br />
- Oui Monsieur F. (elle lui lança le fameux regard)<br />
- (en beuglant plus fort) M&#8217;enfin, qu&#8217;est-ce que vous me regarder avec vos yeux de merlan frit ?<br />
- Mais, je &#8230;<br />
- (moitié beuglant, moitié hilare) Mais quelle cruche, dépêchez-vous, c&#8217;est pas en lisant dans le marc de café que vous allez trouver, arrêtez de jouer les empotées. Bon, Sophie !!!<br />
- Oui Monsieur F. (regard glacial).<br />
- (doux comme un agneau) Ma petite Sophie, vous avez fait une erreur dans la dernière intégrale, attendez, je vous montre&#8230;</em></p>
<p>Mon 15/20 en maths au bac n&#8217;y changea rien.<br />
<em>- C&#8217;est bien Julien, mais vous auriez pu faire mieux&#8230;</em></p>
<p>Mais qui sait, un des blogueurs sus-cités pourra peut-être me faire changer d&#8217;avis !</p>
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